Le 7 novembre 1987, tous les Tunisiens, y compris les islamistes, saluent son accession au pouvoir « sans violence ni effusion de sang », décrite parfois comme un « coup d'État médical ». Ses partisans saluent en lui « le sauveur » d'un pays alors à la dérive et lui reconnaissent d'avoir jeté les bases d'une économie libérale et étouffé dans l'œuf le parti islamiste Ennahdha, accusé de complot armé. Le regain actuel de la pensée salafiste est combattu avec autant de fermeté.
Dès son arrivée au pouvoir, M. Ben Ali supprime la « présidence à vie » instituée par Bourguiba et limite à trois le nombre de mandats présidentiels. Mais en 2002, il fait adopter par référendum une modification constitutionnelle qui lui permet de rester au pouvoir. À son actif, une politique sociale dite de « solidarité » et un renforcement de l'émancipation féminine, initiée par son prédécesseur.
Favorable à un processus démocratique « sans précipitation », il introduit le pluralisme à petites doses au Parlement en 1994 et organise en 1999 la première présidentielle pluraliste de l'histoire de la Tunisie. Ses adversaires politiques lui reprochent un pluralisme de façade et un contrôle des médias et des associations civiles. Décrit comme « autoritaire » ou « policier » par une partie de l'opposition et les ONG de défense des droits de l'homme, son régime est accusé d'atteintes aux libertés, sous couvert de lutte contre l'islamisme.
Partisan de la sécurité avant tout, en juin 2008, il fait mater par l'armée des émeutes sur fond de chômage et de népotisme, dans le Sud-Ouest frondeur. Militaire de carrière formé à l'École interarmes de Saint-Cyr en France et à l'École supérieure de renseignement et de sécurité aux États-Unis, il devient général, puis ministre de l'Intérieur, poste qu'il cumulera avec celui de Premier ministre jusqu'à la destitution de Bourguiba.
Pour ses alliés occidentaux, M. Ben Ali incarne la stabilité propice aux flux de capitaux dans son pays prisé par des millions de touristes européens. Face à la pression, il affirme souvent que la Tunisie - allié de choix de l'Union européenne - avance à son rythme et « n'a de leçon à recevoir de personne ».


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