Après 22 ans au pouvoir, le président Ben Ali brigue un cinquième quinquennat consécutif en mettant en avant la stabilité et le développement du pays, en dépit de la crise économique et de la hausse du chômage. Il a voté à Carthage, près du palais présidentiel, avec son épouse, Leila, très présente durant sa campagne électorale. Ce mandat sera en principe le dernier, la Constitution amendée en 2002 limitant à 75 ans l'âge du président.
« Je vote Ben Ali par habitude, je ne connais que lui », explique Abdelkrim, chauffeur de taxi, venu voter dans le faubourg populaire al-Intilaka, à l'ouest de Tunis. « Je vote pour lui. Il a fait de bonnes choses pour le pays. Je veux seulement du travail pour mes deux filles diplômées au chômage », dit Saïda, fonctionnaire. Bahija, 50 ans, a souhaité que le « président fasse quelque chose pour ramener » au pays son fils parti illégalement en Italie pour travailler.
M. Ben Ali avait succédé en 1987 au premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba, qu'il avait destitué pour « sénilité ». En 2004, il avait été reconduit par 94,48 % des suffrages et son parti obtenait une majorité écrasante à la Chambre des députés, des scores contestés par ses adversaires.
Face à lui le président sortant retrouve deux dirigeants proches du pouvoir : Mohammad Bouchiha, 61 ans, du Parti de l'unité populaire, et Ahmad Inoubli, 51 ans, de l'Union démocratique unioniste. Le troisième, Ahmad Brahim, 63 ans, qui se pose « en vrai concurrent » réclamant l'alternance, s'est plaint de censure et d'entraves à sa campagne.

