OLJ / Par Lélia Mezher,
le 22 octobre 2009 à 01h16
Ça peut paraître anodin, secondaire, sans importance, mais ça ne l'est pas. Un seul livre d'histoire qui se voit retirer des casiers des élèves alors que l'année scolaire vient de démarrer et c'est tout le mal-être du Liban qui revient hanter les esprits. Certes, les responsables ont bien mieux à faire. Ils se doivent de trouver un moyen de mettre en place un nouveau gouvernement capable de gérer un pays qui souffre. Une souffrance en sourdine, qui se lit entre les lignes mais que les Libanais trouvent désormais indécent d'exposer à tous les regards. Retirer un manuel scolaire pour en supprimer les pages qui dérangent, c'est gérer un pays qui souffre, sans jamais prendre le temps de se pencher sur les causes de cette douleur pernicieuse. Les grandes problématiques finissent toujours par rattraper ceux qui ont délibérément choisi de les ignorer. Le livre d'histoire fait partie de ces grandes questions nationales constamment éludées, dans l'attente d'un jour meilleur, d'un climat favorable. Serions-nous gouvernés par des hommes qui ne croient qu'au fatalisme ? Est-ce que tout est toujours inexorablement maktoub, gravé dans les méandres de ce qu'il est convenu d'appeler destin ? Le propre des grands hommes n'est-il pas justement d'avoir réussi à savamment affronter les grands défis que l'histoire s'est amusée à leur jeter au visage ? En pleine crise ministérielle, en pleine débâcle identitaire, n'est-il pas justement fort approprié d'enclencher un débat national sur la lancinante problématique du livre d'histoire ? N'est-il pas fort approprié aujourd'hui de convenir d'une vision commune de l'histoire douloureuse, hideuse d'un pays qui, en dépit de toutes les souffrances, n'a toujours pas réussi à se hisser au rang de nation ? N'est-il pas aujourd'hui plus que jamais nécessaire de se forger à défaut d'une histoire commune, un mythe commun qui serait désormais gravé, maktoub, dans notre mémoire collective ? Ça peut paraître anodin, mais en fait, arracher les feuilles d'un manuel scolaire d'histoire, c'est tout simplement ajourner une énième crise identitaire. C'est se voiler la face, en attendant le pire, en se gardant bien d'y remédier.
Ça peut paraître anodin, secondaire, sans importance, mais ça ne l'est pas. Un seul livre d'histoire qui se voit retirer des casiers des élèves alors que l'année scolaire vient de démarrer et c'est tout le mal-être du Liban qui revient hanter les esprits. Certes, les responsables ont bien mieux à faire. Ils se doivent de trouver un moyen de mettre en place un nouveau gouvernement capable de gérer un pays qui souffre. Une souffrance en sourdine, qui se lit entre les lignes mais que les Libanais trouvent désormais indécent d'exposer à tous les regards. Retirer un manuel scolaire pour en supprimer les pages qui dérangent, c'est gérer un pays qui souffre, sans jamais prendre le temps de se pencher sur les causes de cette douleur...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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