La Maison Blanche a continué mercredi à distiller des informations au compte-gouttes sur l'envoi ou non de renforts en Afghanistan, affirmant qu'il était "possible" que Barack Obama prenne une telle décision avant le second tour de la présidentielle, prévu le 7 novembre.
"Je sais quand l'élection a lieu, je ne sais pas quand la décision sera prise, donc c'est certainement possible", a déclaré le porte-parole du président Obama, Robert Gibbs, au lendemain de l'accord donné par le président afghan sortant Hamid Karzaï à l'organisation d'un second tour.
M. Obama et son entourage laissent planer l'incertitude sur le moment où sera annoncée la stratégie afghane des Etats-Unis, pouvant inclure l'envoi de plusieurs dizaines de milliers d'hommes supplémentaires sur le terrain.
Mardi, M. Gibbs avait souligné qu'une décision du président avant le second tour n'était pas sûre, alors que M. Obama a indiqué qu'il la prendrait "dans les prochaines semaines". Le président américain a aussi rappelé mardi qu'à ses yeux, l'envoi de soldats devait "uniquement se faire lorsque c'est absolument nécessaire".
Le président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat, John Kerry, de retour de mission au Pakistan et en Afghanistan, a affirmé pour sa part qu'il serait logique que M. Obama attende le résultat du second tour pour se décider.
"Je pense qu'il serait de bon sens que le président estime que c'est logique d'attendre jusqu'à la fin de cette période de deux semaines" courant jusqu'au scrutin, a déclaré M. Kerry à des journalistes à sa sortie du bureau Ovale.
"Deux semaines est un laps de temps très court pour déterminer s'il existe un gouvernement avec lequel travailler en temps de guerre", a remarqué M. Kerry, qui a selon la Maison Blanche joué un rôle capital dans le déblocage de la situation politique à Kaboul.
Selon le New York Times, M. Kerry a convaincu M. Karzaï d'accepter un second tour en rappelant sa propre expérience de défaite à la présidentielle américaine en 2004 face au républicain George W. Bush. "Je lui ai dit que parfois il y avait des coups durs", a déclaré M. Kerry au journal.
M. Karzaï et son concurrent, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, s'affronteront le 7 novembre lors d'un second tour rendu nécessaire après l'invalidation de nombreux suffrages suspects en faveur du président sortant lors du premier tour, le 20 août.
L'accord arraché à M. Karzaï montre aussi l'efficacité des pressions de la Maison Blanche, qui avait martelé qu'il était "extrêmement important" que le prochain gouvernement afghan soit "crédible" et qu'aucune décision sur l'envoi de troupes supplémentaires ne serait prise tant que ce ne serait pas le cas.
Quelque 68.000 soldats américains devraient être stationnés d'ici à la fin de l'année en Afghanistan. Ce conflit de plus en plus sanglant rencontre une opposition grandissante de l'opinion publique américaine.
Le commandant américain sur le terrain, le général Stanley McChrystal, réclamerait jusqu'à 45.000 soldats supplémentaires au président pour combattre les talibans et empêcher Al-Qaïda de reprendre pied dans le pays.
Mais cette solution n'est pas la seule à être étudiée par M. Obama: son vice-président Joe Biden préconiserait une approche antiterroriste visant plus Al-Qaïda, tandis que des responsables démocrates du Congrès verraient d'un bon oeil l'envoi de nouveaux soldats, mais seulement pour entraîner l'armée afghane.
"Je sais quand l'élection a lieu, je ne sais pas quand la décision sera prise, donc c'est certainement possible", a déclaré le porte-parole du président Obama, Robert Gibbs, au lendemain de l'accord donné par le président afghan sortant Hamid Karzaï à l'organisation d'un second tour.
M. Obama et son entourage laissent planer l'incertitude sur le moment où sera annoncée la stratégie afghane des Etats-Unis, pouvant inclure l'envoi de plusieurs...


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