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Liban - La Situation

En dépit du surplace gouvernemental, la majorité souffle une brise d’optimisme

Les cartes se brouillent un peu plus chaque jour alors que, paradoxalement, des voix optimistes s'élevaient hier dans les rangs de la majorité qui prend, une fois n'est pas coutume, le relais de l'opposition, maintenant que celle-ci - et en premier lieu le Hezbollah - est empêtrée jusqu'au cou dans les retombées des incidents de Houla.
Alors que le mutisme prudent de Nabih Berry se poursuit, certains milieux de la majorité s'attelaient donc hier à souffler un petit vent d'optimisme, sans pour autant expliquer par A+B le pourquoi de ce climat positif. Nabil de Freige a parlé de « percée positive », pendant que Élie Marouni allait même jusqu'à prédire la naissance du gouvernement « avant la fin de la semaine ». Même optimisme du côté de Boutros Harb qui, avec les mêmes termes vagues, s'est félicité du « climat positif » et a prédit une naissance « vers le début de la semaine prochaine » du nouveau gouvernement. C'est sans doute consciente d'un pressant besoin d'unité que l'alliance du 14 Mars s'est réunie tard dans la soirée d'hier à Meerab, dans le but de se forger un point de vue commun sur la suite des événements. De source informée, on indiquait hier soir que les discussions ont porté sur les diverses formules gouvernementales qui sont en train d'être discutées actuellement. Ainsi, le 14 Mars semble avoir validé l'éventuelle nomination de Gebran Bassil à un poste ministériel, mais conditionne à cela la nomination de Boutros Harb. L'alliance de la majorité a également planché sur l'attitude à adopter dans le cas où le CPL se verrait attribuer le ministère des Travaux publics.
Pourtant, dans les faits, rien n'a vraiment évolué, et preuve en est, M. Berry a clairement fait savoir qu'il poursuivait son « jeûne » et qu'il ne désirait toujours pas s'exprimer sur la situation politique car « rien de nouveau » ne justifiait encore cela. Une source autorisée faisait en outre savoir hier soir qu'une rencontre est en cours de préparation, et qu'elle devrait en principe réunir Saad Hariri avec un proche de Nabih Berry. Parallèlement, cette même source soulignait qu'un lobbying intensif était en train d'être effectué par Walid Joumblatt afin d'arranger une réunion entre M. Hariri et Hassan Nasrallah. Réunion on ne peut plus d'actualité après les incidents de Tayr Filsay et Houla et qui permettra peut-être aux deux hommes de tomber d'accord sur la manière dont il convient, à l'avenir, d'appréhender la situation qui prévaut dans le sud du pays. Cette gestion à deux voix impliquera-t-elle nécessairement la création imminente d'un gouvernement ? Rien n'est moins sûr, à l'heure où le Hezbollah se trouve sollicité de toutes parts. Les incidents de Houla ne sont en effet qu'un échantillon de ce qui est susceptible d'attendre le Hezb, si la situation dans le Sud venait à se dégrader, et les responsables du parti l'ont d'ailleurs très bien compris puisqu'ils ont eux-mêmes affirmé dimanche soir que la destruction par le drone israélien des engins de surveillance est un signe qui prouve que « l'ennemi israélien est prêt à en découdre », pour reprendre les propos de Kassem Hachem. Un problème subsiste cependant pour le Hezbollah, et non des moindres. Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a le plus simplement du monde accusé hier le parti chiite d'être complice des rebelles yéménites qui livrent un combat sans merci face à l'armée régulière. Après avoir été pris à partie par l'Égypte, c'est ainsi au tour du Yémen de pointer un doigt accusateur en direction du Hezb, à l'heure où le régime iranien a été secoué par un attentat qui l'a touché de plein fouet. C'est dire si la priorité du Hezbollah semble de moins en moins focalisée sur la formation d'un gouvernement, sauf s'il estime qu'une telle initiative est de nature à le couvrir dans le cas d'une éventuelle offensive israélienne.
Du côté du Courant patriotique libre, et même si en apparence les relations avec Koraytem semblent désormais bloquées au beau fixe, la nature du nœud qui empêche la création d'un nouveau gouvernement n'est toujours pas clairement déterminée, puisque les explications des responsables CPL se suivent mais ne se ressemblent pas. Pour Farid el-Khazen, « le véritable problème ne se situe pas au niveau du ministère des Télécommunications » et « l'accord final portant sur la distribution des portefeuilles n'a toujours pas pu être trouvé ». Nabil Nicolas affirmait quant à lui que « le ministère des Télécoms constitue l'un des prétextes » dont se prévaut la majorité pour ne pas passer au stade de la formation proprement dite et qu'« aucune formule définitive et officielle n'a encore été soumise » au CPL. Dans le même temps, des sources proches de Koraytem affirmaient hier à la chaîne de télévision NBN que Saad Hariri est actuellement en train de procéder à la distribution des portefeuilles avec les parties concernées. Toutefois, une source informée précisait hier que le CPL attend une réponse de Saad Hariri pour pouvoir « annoncer la création du nouveau gouvernement ». Cette information viendrait donc contredire celle qui indique que c'est, au contraire, Saad Hariri qui attend la réaction de Rabieh aux différentes propositions soumises. Koraytem aurait en effet proposé un certain nombre d'équations ministérielles au chef du CPL, qui incluraient les portefeuilles suivants : la Justice, la Santé, l'Éducation ou les Travaux publics. Toujours selon les informations recueillies en soirée, c'est une fois connue la réponse de Rabieh que Saad Hariri devra se réunir avec ses alliés chrétiens, ce qui de toute évidence ne devrait pas avoir lieu avant ce soir ou demain.
Quoi qu'il en soit, ce qui semble acquis, c'est que la problématique de la nomination à des postes ministériels de candidats malheureux aux législatives est aujourd'hui dépassée, comme l'a clairement affirmé hier Boutros Harb. Le ministère des Télécommunications devrait être octroyé à un ministre affilié au président de la République et adoubé par l'ensemble des pôles de l'opposition et de la majorité.
Le hic, c'est que malgré ce qui devrait être perçu comme une réelle avancée, le blocage persiste. Le problème gouvernemental demeure abstrait, puisqu'aucune des parties ne consent réellement à le communiquer à une opinion publique qui, pour reprendre les propos de Dory Chamoun - ce dernier s'exprimait hier sur la chaîne de télévision MTV -, se moque désormais éperdument de savoir si, oui ou non, un gouvernement va voir le jour. « À la limite, si cela ne contredisait pas les lois, les Libanais souhaiteraient pouvoir vivre sans gouvernement », a-t-il tout bonnement indiqué.
Les cartes se brouillent un peu plus chaque jour alors que, paradoxalement, des voix optimistes s'élevaient hier dans les rangs de la majorité qui prend, une fois n'est pas coutume, le relais de l'opposition, maintenant que celle-ci - et en premier lieu le Hezbollah - est empêtrée jusqu'au cou dans les retombées des incidents de Houla. Alors que le mutisme prudent de Nabih Berry se poursuit, certains milieux de la majorité s'attelaient donc hier à souffler un petit vent d'optimisme, sans pour autant expliquer par A+B le pourquoi de ce climat positif. Nabil de Freige a parlé de « percée positive », pendant que Élie Marouni allait même jusqu'à prédire la naissance du gouvernement « avant la fin de la...
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