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Moyen Orient et Monde - Présidentielle Afghane

L’éventualité d’un second tour se renforce

La commission d'enquête sur les fraudes invalide des bulletins, mais n'indique pas qui a perdu combien de voix.
La commission d'enquête sur les fraudes à l'élection présidentielle afghane a ordonné hier l'invalidation d'un « certain pourcentage » de bulletins, renforçant l'hypothèse d'un second tour à moins d'un arrangement entre le président sortant Hamid Karzaï et son principal rival Abdullah Abdullah. Mais cette Commission des plaintes électorales (ECC) n'a pas indiqué quel candidat a perdu combien de voix. De plus, personne n'était en mesure d'affirmer de manière certaine que M. Karzaï passait sous la barre des 5 % ou si l'autre autorité, la Commission électorale indépendante (IEC), chargée, elle, de prononcer le résultat officiel, suivra ou non les conclusions de la première.
Hier soir donc, deux mois après le scrutin, le flou complet régnait encore sur l'issue de cette élection controversée, alors que la communauté internationale, qui poussait ces derniers jours MM. Karzaï et Abdullah à trouver un accord, réclame une issue rapide. Dans la matinée, M. Karzaï s'est engagé auprès du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à « respecter le processus constitutionnel » en cours dans son pays, a déclaré à New York la porte-parole de M. Ban, Michèle Montas.
L'ECC indique ainsi avoir trouvé « des preuves claires et convaincantes de fraudes » dans 210 bureaux de vote (sur 25 450 au total), dont elle ordonne l'invalidation des bulletins. Pour les mêmes raisons, l'ECC ordonne à l'IEC l'invalidation d'un « certain pourcentage des voix de chaque candidat », sans plus de précisions. Une organisation américaine d'observateurs électoraux, Democracy International, affirme que ses calculs « suggèrent » que les invalidations ordonnées vont « réduire le score du président Karzaï à environ 48,29 % ». L'IEC doit ensuite annoncer les résultats officiels du scrutin en tenant compte, en théorie, de ces invalidations. L'annonce est attendue d'ici à quelques jours, peut-être demain. Un diplomate occidental a également affirmé à l'AFP que les conclusions de l'ECC font passer M. Karzaï, jusque-là crédité de 54,6 % des voix selon des résultats provisoires, à 48 %. L'ECC, contactée par l'AFP, a refusé de confirmer cette information.
En cas de second tour, M. Karzaï affronterait l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, crédité, lui, de 27,8 % selon les résultats provisoires, et de 32 % après invalidation des fraudes, selon Democracy International. L'IEC est constitutionnellement tenue d'obéir aux injonctions de l'ECC, mais pourrait néanmoins faire des recours si elle s'opposait à ses conclusions, retardant d'autant une annonce du résultat final. Depuis le début du processus, les tensions sont fortes entre l'ECC, parrainée par l'ONU, et l'IEC, considérée comme soutenant le président sortant.
La communauté internationale s'inquiète depuis des semaines que M. Karzaï puisse ne pas accepter les résultats s'il ne gagnait pas au premier tour. « Nous attendons de l'IEC qu'elle applique rapidement (les ordres de l'ECC) et qu'elle annonce promptement soit un résultat final certifié, soit la nécessité d'un second tour, comme exigé par la loi électorale afghane », a déclaré le porte-parole de l'ONU à Kaboul, Aleem Siddique. L'ambassade américaine a appelé l'IEC « à appliquer ces ordres avec toute la rapidité requise », ajoutant attendre « avec impatience le résultat final certifié ». Le gouvernement britannique a délivré le même message quasiment mot pour mot, tandis que le gouvernement américain estimait « extrêmement important » que le futur gouvernement afghan soit légitime.

La commission d'enquête sur les fraudes à l'élection présidentielle afghane a ordonné hier l'invalidation d'un « certain pourcentage » de bulletins, renforçant l'hypothèse d'un second tour à moins d'un arrangement entre le président sortant Hamid Karzaï et son principal rival Abdullah Abdullah. Mais cette Commission des plaintes électorales (ECC) n'a pas indiqué quel candidat a perdu combien de voix. De plus, personne n'était en mesure d'affirmer de manière certaine que M. Karzaï passait sous la barre des 5 % ou si l'autre autorité, la Commission électorale indépendante (IEC), chargée, elle, de prononcer le résultat officiel, suivra ou non les conclusions de la...
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