Le 6 septembre 2008, le déplacement de l'équipe de France en Autriche avait tourné au cauchemar (défaite 3-1) et lancé sur de très mauvaises bases la campagne qualificative au Mondial 2010 : une défaite dont les Bleus ne se sont jamais remis.
Trois mois après le fiasco de l'Euro-2008 et l'élimination au premier tour, la France et son sélectionneur ont reçu pour mission de faire table rase du passé. Le message est venu d'en haut et la feuille de route assignée à Raymond Domenech par les dirigeants de la Fédération française de football (FFF) est très claire : renouer avec le beau jeu et policer une communication désastreuse qui avait coupé la sélection du public.
Mais au terme de 90 minutes indigentes au Ernst-Happel de Vienne, les vieux démons bleus réapparaissent et prouvent que rien n'a changé depuis l'Euro. La défense est toujours aussi friable et Mexès, censé incarner l'avenir et reprendre le flambeau de Thuram, parti à la retraite, sombre corps et âme (faute de marquage sur le premier but autrichien, un penalty provoqué). Mandanda, devenu gardien n° 1, prend, lui, la mesure de la fonction et semble paralysé par la pression.
Cette défaite humiliante face à une nation qui n'occupait à l'époque que la 101e place au classement de la Fédération internationale (FIFA) aura de lourdes conséquences. Les Bleus courront après ces trois points perdus durant un an et ne parviendront jamais à refaire un retard qui les condamnera à disputer des barrages pour accéder à la Coupe du monde.
Domenech, maintenu après l'Euro, est, lui, de nouveau en grand danger. Le sélectionneur n'arrange du reste pas son cas en parlant des « escabeaux » qui manquaient à ses joueurs pour contrer les Autrichiens sur coups de pied arrêtés. Quatre jours plus tard, un succès contre la Serbie au Stade de France (2-1) sauvera sa tête.

