Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - France

Sale temps pour Imad Lahoud au procès Clearstream

L'ancien patron des « RG » nie avoir comploté contre Sarkozy.
« Menteur invétéré », « Bonimenteur », « Mythomane » : un déluge de désaveux est tombé hier sur Imad Lahoud, le faussaire présumé des listings Clearstream. Durant cette dernière journée de débats avant les plaidoiries, Dominique de Villepin est resté assis sur sa chaise, reconstituant ses forces après avoir couru dimanche en 1h34 les 20 km de Paris.
Déjà mis en difficulté mercredi lors de la confrontation générale, Imad Lahoud a pour sa part poursuivi sa descente aux enfers. « Je pense qu'il a seul falsifié les listings et qu'il essaie de reporter sa responsabilité sur les autres », a posément expliqué Brigitte Henri, l'ancienne collaboratrice du patron des RG, Yves Bertrand. Cette femme, aujourd'hui directrice de la conformité dans une banque, avait rencontré Imad Lahoud au printemps 2003 sur les conseils d'un ami journaliste. Elle espérait que ce consultant franco-libanais chez EADS l'aide à adopter un enfant au Liban. Il disait avoir des « contacts très étroits avec le président » libanais, a-t-elle raconté. Mais « j'ai vite compris qu'il me menait en bateau », a-t-elle dit, évoquant « un menteur invétéré ».
Quelques minutes plus tôt, Yves Bertrand n'y était pas allé par quatre chemins. Dans le monde du renseignement, il y a « trois types de personnes qui renseignent: le correspondant, l'informateur et l'indic ». Malheureusement, il y a aussi « des affabulateurs et des mythomanes, une catégorie redoutable qui est capable de nous envoyer dans un prétoire... » avait ironisé l'ancien patron des RG, tenté à plusieurs reprises de diriger les débats.
M. Bertrand, qui se dit étranger à l'affaire, a en effet été gravement mis en cause par Imad Lahoud. Alors qu'il nie avoir ajouté une centaine de noms de personnalités sur les listings Clearstream afin de faire croire qu'elles détenaient des comptes occultes, l'agrégé de mathématiques soutient avoir ajouté le seul nom de Nicolas Sarkozy. Et ce dans le bureau d'Yves Bertrand, en présence de l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. « C'est une fable totale et rocambolesque. (...) Je n'ai jamais rencontré Lahoud ni dans mon bureau ni ailleurs, et je le souligne avec force », a tonné Yves Bertrand dont les carnets ont défrayé la chronique.
Dans la matinée, c'est la belle-sœur de Dominique de Villepin, un temps voisine de la famille Lahoud, qui s'était chargée de miner un peu plus la crédibilité de M. Lahoud. « Jamais je n'ai présenté M. de Villepin à M. Lahoud, jamais aucun dîner n'a été organisé chez moi. Tout cela est pur mensonge, pure calomnie », a assuré Delphine Piloquet. « Imad Lahoud nous avait expliqué qu'en prison, il avait rencontré Carlos, qu'il connaissait Oussama Ben Laden », a abondé Michel Piloquet, son époux. À l'époque, « on le prenait pour un bonimenteur, pour un escroc sympathique, mais ce n'était en aucun cas quelqu'un que nous aurions présenté à Dominique ou Marie-Laure de Villepin ».
En fin d'audience, c'est Jean-Louis Gergorin qui a traversé une mauvaise passe avec l'audition de son ex-rival Philippe Delmas, l'ancien vice-président d'Airbus dont le nom figurait sur les listings. Il est le seul à avoir été placé en garde à vue dans cette affaire. Clearstream, « ce n'est pas pour moi l'apparition d'un nom sur un listing, mais la destruction d'une carrière professionnelle, une réputation entachée depuis cinq ans », a-t-il témoigné, convaincu qu'entre « manipulation, compromission d'autorités publiques et impunité malgré des mensonges », cette affaire « porte la patte de Jean-Louis Gergorin ».
« Menteur invétéré », « Bonimenteur », « Mythomane » : un déluge de désaveux est tombé hier sur Imad Lahoud, le faussaire présumé des listings Clearstream. Durant cette dernière journée de débats avant les plaidoiries, Dominique de Villepin est resté assis sur sa chaise, reconstituant ses forces après avoir couru dimanche en 1h34 les 20 km de Paris.Déjà mis en difficulté mercredi lors de la confrontation générale, Imad Lahoud a pour sa part poursuivi sa descente aux enfers. « Je pense qu'il a seul falsifié les listings et qu'il essaie de reporter sa responsabilité sur les autres », a posément...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut