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Liban - Congrès

Le féminisme arabe à l’AUB

Il est plus facile aux femmes arabes d'obtenir leurs droits politiques que leurs droits civiques. Telle est la principale conclusion à laquelle ont abouti les travaux d'un congrès de quatre jours sur « Le féminisme arabe » qui s'est tenu récemment à l'Université américaine de Beyrouth.
Le congrès était organisé par l'Association libanaise des chercheuses, « Bahithat », en partenariat avec le Programme de littérature Anis Makdissi, le Forum de la femme et de la mémoire au Caire, le département des études sur la femme à l'Université Bir Zeit, ainsi que le Centre pour les études avancées sur le monde arabe au Royaume-Uni.
Najla Hamadé, ancienne professeure de philosophie à l'AUB, a ainsi expliqué que « la tradition arabe ne dénigre pas l'humanité des femmes comme le reflète d'ailleurs la langue arabe ». Toutefois, « les termes qui font référence à la relation sexuelle avec la femme peuvent être irrespectueux », a-t-elle ajouté, soulignant que « c'est la raison pour laquelle les femmes n'ont pas de statuts civiques, bien qu'elles puissent obtenir des droits politiques ». « La religion et les interprétations religieuses ont également contribué à limiter la liberté des femmes », a noté Mme Hamadé. Et d'inviter les activistes à faire pression pour que la femme obtienne ses droits au sein de la famille avant même les droits politiques.
De son côté, Mervat Hatem, présidente de l'Association pour les études du Moyen-Orient et professeure de sciences politiques à l'Université Howard aux États-Unis, a constaté que les régimes de dictature laïque ont accordé à la femme le droit à l'enseignement, au travail et à la participation politique. « Ces droits sont toutefois restés de l'apanage des femmes des classes moyennes et aisées, a-t-elle constaté. En contrepartie, ces femmes ont tu les droits des femmes appartenant à la classe des travailleurs. »
Et de préciser que « l'ascension de l'islam politique et l'islamisation du discours dans plusieurs sociétés arabes ont été perçues avec beaucoup d'hostilité et de suspicion par des élites nationalistes, féministes et intellectuelles ». Cela ne justifie toutefois pas, selon Mme Hatem, le langage utilisé par ces laïcs à l'encontre des femmes ayant choisi de porter l'habit traditionnel islamique.
« En effet, les discours modernes ont longtemps convaincu plusieurs femmes musulmanes que l'islam constituait un obstacle dans la lutte pour la libération de la femme, a-t-elle poursuivi. Mais le féminisme islamique a réussi à prouver le caractère infondé de cette théorie et a démontré la différence qui existe entre les textes religieux et la façon dont ils sont appliqués par les hommes. »
Enfin, Zeina Zaatari, chargée de programme pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord au Fonds global pour la femme, a appelé à accorder aux femmes leurs droits sexuels et à les percevoir comme étant des êtres humains à part entière et non seulement des mères et des femmes.
À l'ordre du jour de ce congrès, également, des interventions sur l'expression féministe dans l'art arabe, la modernisation des interprétations coraniques et le féminisme colonial.
Il est plus facile aux femmes arabes d'obtenir leurs droits politiques que leurs droits civiques. Telle est la principale conclusion à laquelle ont abouti les travaux d'un congrès de quatre jours sur « Le féminisme arabe » qui s'est tenu récemment à l'Université américaine de Beyrouth.Le congrès était organisé par l'Association libanaise des chercheuses, « Bahithat », en partenariat avec le Programme de littérature Anis Makdissi, le Forum de la femme et de la mémoire au Caire, le département des études sur la femme à l'Université Bir Zeit, ainsi que le Centre pour les études avancées sur le monde arabe au Royaume-Uni.Najla Hamadé, ancienne professeure de...
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