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Liban - Tension

Calme précaire à Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, hier

Le feu couve sous la cendre à Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, où un calme prudent régnait toutefois hier dans cette zone de Tripoli, après les roquettes lancées vers Baal Mohsen.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des roquettes de type Energa ont été lancées à partir de diverses zones limitrophes de Baal Mohsen vers ce quartier populaire peuplé de alaouites. La région vit sous vive tension depuis mai 2008, quand durant plus de deux mois, des accrochages avaient opposé les habitants sunnites de Bab el-Tebbaneh aux alaouites de Baal Mohsen. Durant l'été 2008, l'armée s'était déployée entre les deux quartiers, le long de la rue de Syrie, considérée actuellement par les habitants comme une ligne de démarcation.
Pourtant la présence de la troupe ne dissuade pas les semeurs de troubles qui continuent à agir par intermittence. Ainsi, à Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, tous les mois presque on fait état de grenades qui explosent ou de roquettes tirées vers l'un ou l'autre de ces quartiers.
Les habitants appellent à un meilleur déploiement à l'intérieur des deux zones et non uniquement le long de la rue de Syrie et ce afin que la troupe puisse mieux contrôler la situation du terrain et dissuader les fauteurs de troubles. Ici, plus d'un font assumer la responsabilité de la tension à une cinquième colonne, notant que les habitant des deux quartiers aspirent tout simplement à vivre en paix.
Certaines sources partisanes font valoir que ces incidents sont provoqués par le Hezbollah qui se sert des éléments armés locaux pour illustrer le mécontentement iranien face à l'entente syro-saoudienne, trop rapide aux yeux de Téhéran.
Ce n'est pourtant pas l'avis de Rifaat Ali Eid, secrétaire général du Parti arabe démocrate, véritable leader à Baal Mohsen, qui fait assumer la responsabilité de la tension, notamment du lancement de roquettes, à « des pays arabes ayant des ressortissants au Liban », soulignant qu'il « s'agit d'éléments armés des Frères musulmans venus d'Égypte ». Il a également affirmé que ce dernier pays a envoyé dans ce cadre des officiers de son armée et de ses services de renseignements à Tripoli, notant que « la tension a été ravivée pour porter préjudice aux résultats du sommet syro-saoudien ».
L'ambassade d'Égypte à Beyrouth a publié un communiqué en réponse aux propos tenus par Rifaat Ali Eid. Le texte souligne que « Le Caire rejette ces allégations qui ne réussiront pas à porter atteinte aux relations historiques entre le Liban et l'Égypte qui sont des pays frères. L'Égypte tient à la consolidation de la sécurité, de la stabilité et de la souveraineté du Liban et n'intervient jamais dans les affaires internes des autres États. »

Plaie béante
De son côté l'ancien député de Tripoli Moustapha Allouche a souligné que « les parties qui initient le lancement des roquettes s'estiment lésées par les résultats du sommet syro-saoudien. Ce sont probablement les Iraniens qui veulent pousser cette région vers la discorde ». Il a également appelé au « déploiement massif de l'armée libanaise ».
Pour sa part, le député de Denniyé Ahmad Fatfat a estimé que « ce n'est pas un hasard que le lancement des roquettes a eu lieu après le sommet syro-saoudien », soulignant que « certains ne seraient pas contents de ce rapprochement » et mettant en cause « des parties intérieures mécontentes du sommet syro-saoudien ».
Interrogé par L'Orient-Le Jour sur une éventuelle montée de la violence à Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, il a noté que « les deux côtés demeurent vigilants et ne se laisseront pas entraîner dans un conflit ouvert ». Il a également appelé au « déploiement en masse de l'armée à l'intérieur des deux quartiers afin de mieux contrôler la situation », dénonçant la ligne de démarcation de facto qui existe entre Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh.
Une influente source tripolitaine a pour sa part souligné à L'Orient-Le Jour que « l'on n'arrive pas à clore le dossier de Baal Mohsen et de Bab el-Tebbaneh, qui est toujours ouvert et qui ressemble à une plaie béante au cœur de Tripoli ». « Les habitants de la zone déchantent et veulent qu'une solution stabilisant la zone soit trouvée », a-t-elle ajouté.
Cette source a également ajouté que « l'armée pourrait être plus présente », qualifiant de « molles les mesures prises par l'État dans ces deux quartiers.
Jusqu'à présent et depuis presque un an, les habitants retiennent leur souffle et les leaders politiques présents sur le terrain tentent de calmer jeu. Mais jusqu'à quand pourrait-on contenir la violence et le feu qui couve sous la cendre ?

Pat.K.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des roquettes de type Energa ont été lancées à partir de diverses zones limitrophes de Baal Mohsen vers ce quartier populaire peuplé de alaouites. La région vit sous vive tension depuis mai 2008, quand durant plus de deux mois, des accrochages avaient opposé les habitants sunnites de Bab el-Tebbaneh aux alaouites de Baal Mohsen. Durant l'été 2008, l'armée s'était déployée entre les deux quartiers, le long de la rue de Syrie, considérée actuellement par les habitants comme une ligne de démarcation. Pourtant la présence de la troupe ne dissuade pas les semeurs de troubles qui continuent à agir par intermittence. Ainsi, à Baal Mohsen et Bab el-Tebbaneh, tous les mois...
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