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Liban - Éclairage

Un nouveau handicap : les préventions iraniennes

Une personnalité opposante de poids, retour de Damas à la veille des retrouvailles Abdallah-Bachar, indique que cette rencontre ne devrait produire aucun effet positif concernant le problème ministériel libanais. Elle déclare qu'on ne doit pas lier la formation du gouvernement aux échanges syro-saoudiens. Pour affirmer que, du reste, le dossier libanais n'est pas inscrit à l'ordre du jour du sommet, la question de notre gouvernement pouvant quand même être abordée incidemment lors des entretiens. Selon cette source, Syriens et Saoudiens seraient convenus que la mise en place d'un nouveau gouvernement libanais est une responsabilité, et une affaire intérieure, purement libanaise. Car les relations syro-saoudiennes tournent au bilatéral épuré et ne passent plus par la case Liban. D'autant que Damas, conclut ce pôle, a décidé que désormais, le Liban ne serait plus un passage obligé dans ses rapports avec un pays arabe.
En fait, observent des loyalistes informés, le coup de frein syrien, ou plutôt le manque de ce coup de pouce qu'on avait espéré, à la faveur du sommet, en ce qui concerne le dénouement de la crise ministérielle libanaise est causé par de nettes réserves iraniennes. Téhéran ne voit pas d'un bon œil le rapprochement de son allié avec les Arabes modérés ni son ouverture accentuée en direction de Washington, Paris, Ankara et Riyad. Dès lors, relèvent ces majoritaires, il n'est pas étonnant d'entendre les cadres libanais proches de l'Iran exprimer des craintes sur les retombées locales du sommet syro-saoudien. Et se dépêcher de poser de nouvelles entraves masquées, en accusant les chrétiens du 14 Mars de retarder le dénouement de la crise ministérielle. Ce qui reflète à coup sûr, selon ces sources, des pressions iraniennes pour geler jusqu'à nouvel ordre la formation du prochain cabinet libanais.
Contrairement à ce que soutient la personnalité opposante citée plus haut, les loyalistes estiment que pour la Syrie, le Liban reste une porte obligatoire ouvrant sur les Arabes modérés et sur les Occidentaux. C'est en effet, à les en croire, sa seule carte d'accès à ces alliés, du moment que Damas, qui n'a qu'une influence réduite sur l'Iran, ne peut pas répondre à leurs attentes concernant ce pays.
Donc, toujours d'après ces observateurs loyalistes, Damas n'est utile à Washington qu'à travers l'espace libanais. C'est encore plus vrai pour Riyad, bien plus ancré et impliqué sur notre scène. Ainsi, l'Arabie saoudite ne s'est disputée avec la Syrie qu'à la suite de l'assassinat de Rafic Hariri. Brouille ravivée après la guerre de juillet 2006, considérée par Riyad comme une aventure dangereuse. Bien entendu, les insultes de Bachar el-Assad, les qualifiant de demi-hommes, n'ont pas peu contribué au courroux des Saoudiens à son encontre.
Il en va de même pour l'Occident, qui a frappé la Syrie de sanctions et l'a scratchée, à cause de son comportement au Liban. Même la France, moins montée au départ contre Damas que les États-Unis, avait retiré, comme eux, son ambassadeur en Syrie après l'assassinat de Rafic Hariri. Washington avait donné le « la » quand le régime syrien, foulant aux pieds la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU, avait fait proroger le mandat du président Lahoud.
C'est donc tout simple, soulignent les loyalistes, cette porte libanaise qui avait servi à sortir la Syrie de la double sphère occidentale et arabe modérée est en train d'être utilisée pour lui permettre d'y retourner. Il est donc faux de soutenir, comme le font les prosyriens, qu'elle s'en lave les mains, se désintéresse du dossier libanais et de notre crise ministérielle. Cette précision se trouve confirmée par un diplomate bien informé qui affirme que la question libanaise sera au centre même du sommet syro-saoudien, contrairement aux assertions des prosyriens dont les propos ont pour but de calmer un peu l'Iran. Et de rappeler que la première réconciliation syro-saoudienne avait eu lieu lors du sommet du Koweït quand la Syrie avait fait un geste en facilitant l'élection d'un nouveau président de la République libanaise. Le prix qu'elle en avait obtenu était que les Israéliens avaient consenti à reprendre, par le truchement des Turcs, les négociations sur le Golan.
Cela étant, les loyalistes se demandent si, dans le cadre de relations exclusivement bilatérales, la Syrie voudra accepter le tracé des frontières, en commençant par Chebaa, la fermeture des bases palestiniennes, et le traitement positif du problème des prisonniers libanais qu'elle détient.

Une personnalité opposante de poids, retour de Damas à la veille des retrouvailles Abdallah-Bachar, indique que cette rencontre ne devrait produire aucun effet positif concernant le problème ministériel libanais. Elle déclare qu'on ne doit pas lier la formation du gouvernement aux échanges syro-saoudiens. Pour affirmer que, du reste, le dossier libanais n'est pas inscrit à l'ordre du jour du sommet, la question de notre gouvernement pouvant quand même être abordée incidemment lors des entretiens. Selon cette source, Syriens et Saoudiens seraient convenus que la mise en place d'un nouveau gouvernement libanais est une responsabilité, et une affaire intérieure, purement libanaise. Car les relations syro-saoudiennes tournent au bilatéral...
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