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Liban - Analyse

L’œil du monde… en attendant la lumière

Le Liban s'apprête à prendre place, très prochainement, parmi les quinze membres du Conseil de sécurité, pour un mandat de deux ans qui l'amènera à prendre position sur l'ensemble des dossiers conflictuels de la planète.
Et c'est ce même État, appelé à se pencher sur les blessures du monde, qui attend aujourd'hui, le souffle retenu, qu'une entente retrouvée entre le souverain d'une théocratie d'un autre âge et le maître de l'une des dictatures les plus fascisantes du XXIe siècle puisse lui donner un gouvernement.
En d'autres circonstances, une entrée du Liban dans ce que l'on appelle « l'œil du monde » aurait constitué pour lui une formidable et unique occasion de conforter et de mettre en œuvre au niveau international une qualité que beaucoup estiment être sa vocation première : la promotion du dialogue et de la paix entre les groupements humains, loin des haines raciales, religieuses, culturelles ou simplement politiques.
Mais comment être un promoteur efficace du dialogue des peuples lorsqu'on est soi-même incapable, sans le concours de l'extérieur, de remettre en marche ses propres institutions ?
Et cette question n'est rien encore, car même lorsque la machine finit par redémarrer, à la faveur d'un modus vivendi à la manière de Doha - le cas du cabinet sortant d'« union nationale » est exemplaire à cet égard - la dynamique enclenchée est si fragile, si bancale, que l'État libanais reste totalement impuissant à sortir des sentiers les plus battus, à générer la moindre innovation ou idée sérieuse en matière politique, économique, sociale ou culturelle. Qu'en serait-il alors sur le plan diplomatique !
C'est peu de dire que les ailes de la diplomatie libanaise ont toujours été rongées par les contradictions qui ont déchiré et continuent de déchirer ce pays. Et la recherche permanente et obsessionnelle du « match nul » sur le plan de l'équilibre politique interne n'est certainement pas de nature à l'en doter.
Et cette réalité est d'autant plus affligeante qu'elle est aux antipodes des immenses ambitions affichées par les Libanais d'un bord comme de l'autre et, parfois même, par leurs amis à l'étranger.
Ainsi, le Liban qui siègera à New York au cours des deux prochaines années n'aura rien à voir ni avec le « Liban-message » des uns ni avec son opposé, le « Liban-résistant » des autres. Le gouvernement d'« union nationale » à la libanaise aura tôt fait de neutraliser et l'un et l'autre. Et la contribution libanaise à la paix du monde se résumera à une succession de platitudes aussi mornes et inutiles que le sont depuis des années les déclarations émanant du palais Bustros.
D'ailleurs, même en l'absence d'un gouvernement, les impératifs de « l'union nationale » de l'après-8 mai ont déjà amené l'un des deux camps en présence à introduire dans son discours, naguère volontariste, des éléments sédatifs destinés à calmer les ardeurs de l'adversaire. Comme, par exemple, l'installation dans le confort facile - et totalement illusoire - de l'antiaméricanisme primaire.
La caricature, à ce propos, est certes représentée, comme toujours, par un Walid Joumblatt qui regrettait encore, il y a quelques mois, l'avènement à Washington de l'actuelle administration démocrate aux dépens de ses néo-anciens amis néo-cons. Son attitude, qui fut souvent dithyrambique à l'égard de ces derniers, était - soit dit en passant - tout aussi caricaturale : personne, en effet, ne lui demandait d'en faire tant.
Le cas de M. Joumblatt est, dans la forme comme dans le contenu, symptomatique a contrario du mal qui frappe la diplomatie libanaise : lui passe son temps à aller d'un excès à droite à un excès à gauche, elle ne bouge jamais. Lui se pare de flamboyance, elle de morne grisaille. Et le résultat est le même : l'inconsistance.
Le Liban mérite mieux ? Peut-être. Mais pour l'instant, il ne récolte que ce qu'il sème.
Le Liban s'apprête à prendre place, très prochainement, parmi les quinze membres du Conseil de sécurité, pour un mandat de deux ans qui l'amènera à prendre position sur l'ensemble des dossiers conflictuels de la planète.Et c'est ce même État, appelé à se pencher sur les blessures du monde, qui attend aujourd'hui, le souffle retenu, qu'une entente retrouvée entre le souverain d'une théocratie d'un autre âge et le maître de l'une des dictatures les plus fascisantes du XXIe siècle puisse lui donner un gouvernement.En d'autres circonstances, une entrée du Liban dans ce que l'on appelle « l'œil du monde » aurait constitué pour lui une formidable et unique occasion de conforter et de...
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