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Cinema- - Entre Parenthèses

« Qu’elle aille au diable Meryl Streep »

Rachid el-Daïf ne croyait pas si bien dire en intitulant son ouvrage adapté plus tard en pièce de théâtre. C'aurait pu être aussi le cri émis en chœur par Bette Davies et Katharine Hepburn, détentrices du plus grand nombre de nominations aux Oscars (10 pour la première et 12 pour la seconde), avant l'arrivée de Mademoiselle Streep. Détrônant les deux grandes gueules du cinéma, célèbres pour leur forte personnalité : d'une part, la reine d'Hollywood ou la reine de la Warner et, d'autre part, Miss Kate, véritable figure de légende du cinéma, Meryl Streep a avancé timidement, sans frasques, mais à pas de félin dans le paysage cinématographique. C'est auprès de Dustin Hoffman, dans Kramer vs Kramer, qu'elle assoit son trône. Et pourtant, si on s'en souvient bien, le rôle était ingrat. Une femme qui abandonne son fils, ce n'est pas un cadeau pour une comédienne qui fait ses débuts. Sa consécration internationale, en effet, était cependant venue grâce à deux films interprétés précédemment. Un premier Emmy Award qu'elle obtient pour la meilleure actrice dans Holocauste, mais aussi une nomination pour le second rôle dans Deer Hunter, où elle tenait à camper le personnage de Linda, rien que pour rester aux côtés de son compagnon de l'époque, John Cazale, mort à la suite d'un cancer des os. Mais ce n'est qu'un an plus tard que la comédienne obtient la précieuse statuette d'Oscar pour sa performance de Joanna Kramer.
Indépendante mais amoureuse Karen Blixen dans Out of Africa ; femme au foyer dévorée par la passion et désemparée face à Clint Eastwood dans Bridge of Madison County ; jeune maman meurtrie par les camps de concentration affrontant un choix insupportable dans Sophie's Choice (Oscar de la meilleure actrice en 1983) ; écrivain homosexuelle dans The Hours aux côtés de Nicole Kidman et Julianne Moore ; mais aussi directrice de magazine impitoyable dans The Devil wears Prada ; psychiatre piquant une crise de nerfs dans Prime ou maman célibataire chantant, dansant et s'éclatant comme une vraie « Abbaphile » sous le soleil de la Grèce dans la comédie musicale Mamma Mia. Alternant pendant l'année les rôles dramatiques et comiques, Mme Don Gummer, alias Meryl, ne cesse de déployer toute l'étendue de son talent. Avec, à son palmarès, deux Oscars, six Golden Globes, un Bafta, un César d'honneur et un prix de meilleure actrice à Cannes, la comédienne n'en finit pas d'étonner.
Trop épatante. Trop bonne comédienne. Trop lumineuse et talentueuse. Oui, qu'elle aille au diable Meryl Streep ! Car on ne peut s'empêcher de l'admirer. 
Rachid el-Daïf ne croyait pas si bien dire en intitulant son ouvrage adapté plus tard en pièce de théâtre. C'aurait pu être aussi le cri émis en chœur par Bette Davies et Katharine Hepburn, détentrices du plus grand nombre de nominations aux Oscars (10 pour la première et 12 pour la seconde), avant l'arrivée de Mademoiselle Streep. Détrônant les deux grandes gueules du cinéma, célèbres pour leur forte personnalité : d'une part, la reine d'Hollywood ou la reine de la Warner et, d'autre part, Miss Kate, véritable figure de légende du cinéma, Meryl Streep a avancé timidement, sans frasques, mais à pas de félin dans le paysage cinématographique. C'est auprès de Dustin...
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