Réuni hier sous la présidence du Premier ministre sortant, Fouad Siniora, le Courant du futur a passé en revue les efforts fournis par M. Saad Hariri pour former son équipe. Dans son communiqué, il a souligné « que les parties concernées par ce dossier n'ont d'autre choix que de faire preuve de souplesse et de faire primer l'intérêt du pays, ce qui permettra au Premier ministre désigné de mettre en place le gouvernement le plus tôt possible ».
Dans une déclaration à la presse hier à l'aéroport, à son retour du Kazakhstan, le ministre du Tourisme, Élie Marouni, a exprimé l'espoir que la nouvelle équipe ministérielle verra le jour la semaine prochaine et qu'elle sera le fruit d'une entente interlibanaise et non pas d'un rapprochement syro-saoudien « pour que nous n'ayons pas le sentiment d'avoir perdu notre maturité politique ». Il a relevé les avis contradictoires au sujet du dernier entretien entre le chef du CPL, le général Michel Aoun, et M. Hariri. « Le général Aoun avait affirmé que cette réunion sera suivie d'autres et que les détails n'ont pas été abordés. On sait tous cependant que ce sont les détails qui posent problème », a-t-il ajouté.
Contrairement à M. Marouni, le député Antoine Zahra a exclu la formation d'un gouvernement, même après le sommet syro-saoudien. « Jusqu'à présent, a-t-il dit, au site d'informations Nowlebanon, le climat n'est pas suffisamment positif pour laisser penser qu'un cabinet verra le jour prochainement. » Selon lui, ce dossier est ajourné jusqu'à ce que la question des négociations iraniennes avec la communauté internationale au sujet du nucléaire iranien se clarifie. M. Zahra a en outre estimé que « l'assurance du 8 Mars n'est qu'une façon d'essayer de tromper l'opinion publique en faisant assumer à la majorité la responsabilité du blocage et en accentuant l'importance de la réconciliation interarabe ».
De son côté, le député Nabil Nicolas a estimé, dans une interview à la télévision, que « depuis les années 90, il y a toujours eu au Liban deux gouvernements : un connu de l'opinion publique et servant de façade, et un autre invisible, qui dirige le pays et qui est géré par le Premier ministre ». « En cas d'entente sur le fond, à savoir sur la présence d'un seul gouvernement et d'un rétablissement des prérogatives des ministres, il n'y aura plus de problèmes », a-t-il dit. Selon M. Nicolas, « le problème qui se pose n'est pas celui d'un partage de parts ou de représentation communautaire. Il est le suivant : veut-on réellement combattre la corruption et avoir un seul gouvernement ? ».

