Le président américain devait recevoir les représentants du Congrès de plus en plus impatients de le voir trancher entre les différentes options qu'il examine en Afghanistan et de prendre une décision sur les effectifs qui fera de toute façon des mécontents. Devant l'alarmante dégradation en Afghanistan, M. Obama doit opérer l'un des choix les plus importants de sa présidence, et, dans tous les cas, les risques sont considérables. Accéder à la demande de renforts de son commandant sur le terrain, le général Stanley McChrystal, c'est engager une périlleuse escalade alors que les comparaisons avec le précédent vietnamien et la défaite soviétique en Afghanistan commencent à faire florès. C'est heurter la gauche antimilitariste. Et s'il la décline ou s'il transige, il devra assumer les conséquences d'un éventuel échec.
Par ailleurs, l'OTAN a annoncé hier la mort de plus de 100 talibans, samedi, dans la province du Nouristan, dans l'est de l'Afghanistan, dans des combats au cours desquels huit soldats américains et deux soldats afghans avaient trouvé la mort. « Suite à un compte-rendu plus détaillé après l'attaque du (samedi) 3 octobre, l'ISAF pense désormais que l'attaque a été menée par les forces locales antiafghanes avec des éléments des talibans et de Hezb-i-Islami » de Gulbuddin Hekmatyar « qui ont facilité l'attaque », a annoncé un porte-parole de l'ISAFdans un communiqué.
Les combattants du chef de guerre pachtoune Gulbuddin Hekmatyar et son mouvement, le Hezb-i-Islami, sont implantés dans l'ensemble du pays et collaborent souvent avec les talibans à des opérations contre les forces afghanes et internationales. Ancien protégé de la CIA à l'époque de la résistance contre les Soviétiques dans les années 1980, puis éphémère Premier ministre par deux fois, Gulbuddin Hekmatyar est aujourd'hui un des hommes les plus recherchés en Afghanistan.
Parallèlement, les talibans ont appelé les soldats de l'OTAN et des forces américaines à quitter l'Afghanistan s'ils ne veulent pas les affronter dans une « longue guerre », à la veille du 8e anniversaire du début des opérations qui ont conduit fin 2001 à la chute du régime fondamentaliste. « Si vous voulez continuer à occuper ce pays peuplé d'habitants fiers et religieux au nom de la lutte contre le terrorisme, vous devez savoir que nous sommes très patients », a déclaré le mouvement des talibans afghans dans un courriel écrit en pachtoune. Les talibans rappellent aux « occupants occidentaux » qu'ils « devraient lire les livres d'histoire et se rappeler que le peuple afghan est toujours prêt à sacrifier sa vie pour l'islam et son pays ». Dans ce communiqué, les talibans indiquent également qu'ils n'ont aucunement l'intention d'attaquer l'Europe et que leur but est « la libération de (leur) pays et l'instauration d'un État islamique ».
Après les attentats du 11 septembre 2001, les Américains avaient déclenché le 7 octobre leurs opérations contre le régime taliban qui hébergeait el-Qaëda, organisateur des attaques aux États-Unis, et chassé les fondamentalistes du pouvoir en quelques semaines.
Depuis deux ans, l'insurrection afghane, dont les talibans sont la composante majoritaire, s'est intensifiée et étendue au point de toucher désormais quasiment tout le pays, faisant craindre aux Occidentaux un échec.

