Toujours selon les ONG, le ministre Karam aurait accordé quelques jours seulement - jusqu'au 9 octobre - aux ONG pour une approbation finale du guide, un délai qu'elles ont jugé insuffisant. Elles lui ont donc envoyé le texte d'une pétition qui lui est parvenue hier, et qui a été signée jusqu'à présent par une douzaine d'ONG et de rassemblements d'ONG. Dans ce texte, les associations déclarent adopter le point de vue de M. Tohmé, ainsi que celui du représentant du ministère des Finances au Haut Conseil de la chasse. « Les associations souhaitent que le ministre accorde le temps supplémentaire nécessaire pour incorporer les remarques scientifiques du CNRS, et d'autres remarques, au projet de guide, surtout celles portant sur les bonnes pratiques d'une chasse responsable et durable que les ONG sont en train de préparer, poursuit le texte. Il vaudrait également mieux attendre la nomination des nouveaux membres du Haut Conseil de la chasse, ce qui est conforme à la loi, afin que le guide adéquat et complet soit adopté. »
Nous n'avons pu joindre hier le ministre de l'Environnement pour recueillir son commentaire concernant la pétition des ONG.
Espèces protégées et gibier
En quoi consistent les remarques du président du CNRS ? M. Tohmé commence par énumérer les points positifs de ce document de 42 pages, considérant que « ce projet est une bonne tentative pour organiser la chasse, même s'il reste lacunaire et parfois tronqué », soulignant qu'une semaine ne suffit pas pour l'examiner. Il marque aussi l'importance de l'introduction du concept d'un test écrit en vue de l'obtention du permis de chasse.
Mais les points négatifs recensés par M. Tohmé sont également nombreux. Il propose ainsi d'enlever toutes les références, dans le texte, qui pourraient « nuire à la réputation du Liban en dénotant une lacune dans l'éducation environnementale ». Une autre remarque porte sur le fait qu'il n'est pas nécessaire, selon lui, d'énumérer les espèces protégées, puisque celles-ci sont toutes les espèces d'oiseaux et de mammifères, à part le gibier : il suffit donc simplement de définir les espèces de gibier d'une manière scientifique, et avec des photos en couleurs, avec une précision concernant la quantité de gibier qu'il est permis au chasseur de chasser. M. Tohmé estime également qu'il est inutile de citer des « espèces nuisibles », ainsi que le fait de s'étaler sur les « espèces bénéfiques ». Enfin, le scientifique précise qu'il faut clairement interdire les moyens illicites de chasse, comme l'utilisation de machines qui imitent le son des oiseaux ou l'utilisation de la colle.
Par ailleurs, les remarques du représentant du ministère des Finances ont principalement porté sur la nécessité de l'adoption d'un décret pour déterminer le financement du projet de guide du chasseur (qui sera distribué gratuitement, d'où le fait que cette activité requiert un processus de financement). Pour cela, poursuit-il, il faut « patienter, avant de prendre les décisions, que la période d'expédition des affaires courantes du gouvernement soit passée, et que l'opération de nomination des représentants des ministères, administrations et institutions publiques au sein du conseil soit finalisée ».


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