Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Un gouvernement cette semaine… ou à la Trinité

De toute évidence, la semaine qui commence s'annonce cruciale pour le gouvernement en gestation. Si nul n'est en mesure d'affirmer qu'il sera annoncé dans les prochains jours, tout le monde s'accorde à dire que s'il ne l'est pas cette semaine, sa formation sera reportée au moins jusqu'à la fin du mois. En d'autres termes, soit les Libanais parviennent à tirer profit du rapprochement syro-saoudien et d'un climat régional relativement plus calme, soit ils laissent passer cette occasion et placent leur situation interne au cœur des développements régionaux qui restent d'ailleurs assez flous.
Selon une source de l'opposition, c'est cette semaine que les choses sérieuses commencent. Trois mois après le début des négociations pour la formation du gouvernement, les discussions ont enfin commencé à porter sur les détails des noms et des portefeuilles. En tenant compte du fait que le Premier ministre désigné doit entrer en contact avec les différents protagonistes, il devrait se forger une vision relativement complète de son gouvernement à la fin de la semaine, c'est-à-dire après la visite d'État du roi Abdallah à Damas prévue entre aujourd'hui et demain. Officiellement d'ailleurs, le mystère de la date réelle de cette visite est justifié par des raisons de sécurité, mais dans les coulisses diplomatiques arabes, on murmure que le roi d'Arabie mène des contacts discrets avec les dirigeants égyptiens pour qu'ils ne court-circuitent pas les résultats éventuels de cette visite qui doit durer deux jours au minimum. De leur côté, les autorités syriennes ont réclamé le report de la visite à Damas du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, prévue aujourd'hui, sous prétexte qu'elles sont trop occupées par les préparatifs de la visite du roi d'Arabie, mais les mêmes coulisses diplomatiques estiment qu'elles ne souhaitent surtout pas être entraînées dans une polémique interpalestinienne, au moment où elles cherchent à retrouver un rôle arabe de premier plan.
Bon gré mal gré, les Libanais ont donc les yeux fixés sur la visite du roi Abdallah en Syrie, même si les sources de l'opposition affirment que les discussions entre le dirigeant wahhabite et le président syrien porteront essentiellement sur des dossiers régionaux et bilatéraux, alors que le Liban y sera à peine évoqué. En fait, les mêmes sources précisent que les deux dirigeants arabes se sont entendus pour ne pas intervenir dans les détails politiques libanais, se contentant d'appuyer la formation d'un gouvernement d'entente qui regroupe toutes les parties. Pour la Syrie, cela signifie qu'elle ne compte pas exercer la moindre pression sur l'opposition, et en particulier sur le général Michel Aoun - sur lequel elle affirme ne pas avoir la moindre influence - pour le pousser à réduire ses exigences. Tout comme elle ne demandera pas au Hezbollah de pousser son allié, le général Aoun, à être plus conciliant. Du point de vue syrien, ceux qui veulent un gouvernement doivent donc pousser la majorité parlementaire et son chef à céder aux exigences de la minorité. Et pour justifier cette position, les dirigeants syriens affirment qu'on leur a toujours reproché d'intervenir dans les affaires internes libanaises, et lorsqu'ils se sont abstenus de se mêler des élections législatives, ils ont reçu des félicitations. Pourquoi devraient-ils maintenant recommencer à intervenir ? Ce que les dirigeants syriens ne disent pas, c'est que s'ils devaient modifier cette position, ils voudraient obtenir en contrepartie un prix élevé que seuls les États-Unis sont en mesure de payer. Or les sources de l'opposition révèlent que l'administration américaine qui sur le dossier libanais reste dans la ligne de la politique suivie par le président George Bush ne semble pas encore prête à répondre aux exigences de la Syrie et surtout de l'Iran. Les mêmes sources affirment qu'en dépit des démentis de l'ambassade américaine à Beyrouth, cette administration ne souhaite pas une participation du Hezbollah au gouvernement, car cela signifierait que ce parti, qui prône la résistance contre Israël, obtiendrait ainsi une nouvelle légitimité, notamment à travers la déclaration ministérielle, et pourrait bloquer les décisions qui ne lui conviennent pas. Ce qui, toujours selon les mêmes sources de l'opposition, n'arrangerait pas la politique de Washington qui considère qu'elle ne doit pas céder cette carte à la Syrie et à l'Iran gratuitement alors que les négociations avec Téhéran viennent seulement de commencer.
Entre l'inertie de la Syrie - qui estime que le temps joue en sa faveur et que plus elle est patiente, plus le prix qu'elle recevra sera élevé - et la volonté de Washington de ne pas « céder la carte libanaise », le Liban a-t-il des chances de se doter d'un gouvernement d'ici à la fin de la semaine ? C'est la question qui reste sur toutes les lèvres. C'est là surtout qu'intervient le sens des responsabilités des différents protagonistes libanais. Soit ceux-ci décident de ne plus attendre les signaux venus de l'extérieur et forment enfin ce gouvernement tant attendu sur la base 15-10-5, qui reste la plus valable, soit le Liban restera livré aux vents régionaux et ne contrôlera plus sa situation interne. Les milieux politiques estiment qu'il existe actuellement une chance réelle de former le gouvernement, grâce au rapprochement syro-saoudien, qui devrait dégager une sorte de neutralité positive, favorisant un accord entre les Libanais. Ceux-ci sauront-ils la saisir ?
De toute évidence, la semaine qui commence s'annonce cruciale pour le gouvernement en gestation. Si nul n'est en mesure d'affirmer qu'il sera annoncé dans les prochains jours, tout le monde s'accorde à dire que s'il ne l'est pas cette semaine, sa formation sera reportée au moins jusqu'à la fin du mois. En d'autres termes, soit les Libanais parviennent à tirer profit du rapprochement syro-saoudien et d'un climat régional relativement plus calme, soit ils laissent passer cette occasion et placent leur situation interne au cœur des développements régionaux qui restent d'ailleurs assez flous.Selon une source de l'opposition, c'est cette semaine que les choses sérieuses commencent. Trois mois après le début des négociations pour la formation du...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut