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Liban - Commentaire

L’étrange enjeu du match : savoir d’abord qui va perdre…

Mentalité puérile : dans la guerre des boutons en cours, les combattants se soucient bien plus de faire plier l'adversaire, même en y perdant des plumes, que de marquer des points utiles ou d'engranger de solides avantages. Cette dérive de vanité et d'orgueil mal placé se relève tant au niveau régional et international que sur le plan local. Émanant en premier, c'est tout naturel, des parties frustrées, elle se révèle contagieuse au point de contaminer des puissances en principe rationnelles, gagnées par l'obsession orientale de ne pas perdre la face.
Mais c'est au Liban, maillon faible de la chaîne, que l'aberration se montre la plus nocive. Surtout en ces temps d'épreuve ministérielle. En effet, quand on se demande aux dépens de qui, du 14 ou du 8 Mars, pourraient se conclure d'éventuels bazars extérieurs ou même locaux, on soulève du même coup une question cruciale de devenir. On sait en effet que ces deux camps avancent des projets inconciliables. Le seul moyen d'éviter le choc, ou l'explosion, étant ce compromis qui consiste à geler le débat et à ne plus rien faire, rien décider. Ce qui paralyse autant la clinique où l'embryon d'État se trouve sous couveuse, que le pays tout entier, son économie en tête.
Donc, ces développements extérieurs dont on attend la détente, via le rapprochement syro-saoudien, pourraient en réalité déboucher sur une perte politique comptable pour notre pays. Par le passé, lointain ou récent, il a souvent payé au prix fort des ententes étrangères. Essentiellement par la faute de parties locales faisant appel à des soutiens étrangers pour vaincre leurs adversaires du cru. Et qui, finalement, se retrouvaient aussi perdantes que lui, comme on a pu le voir, par exemple, sous la tutelle. Car les Libanais, dans leur ensemble, ne peuvent être gagnants que lorsque leur pays est libre de toute sujétion, même voilée, indépendant et souverain dans ses décisions.
Par exemple, après les événements de 1958, la fraction politique qui avait soutenu le régime Chamoun a payé le prix d'un marché entre Ike Eisenhower et Gamal Abdel Nasser. Contrainte et forcée, la majorité parlementaire de l'époque avait dû se résigner à élire à la présidence le général Fouad Chehab, qu'elle considérait comme une figure de proue hostile. Mais finalement, les nassériens du cru, adversaires des chamouniens, s'étaient retrouvés eux aussi Gros-Jean comme devant, le Deuxième Bureau raflant la mise à leurs dépens, et Saëb Salam n'avait pas tardé à se dresser contre le Nahj.
La liste des désillusions, des déceptions accumulées, successivement et pratiquement par toutes les parties libanaises, durant les années de guerres, intestines et tierces à la fois, est interminable. Les Libanais, de n'importe quel bord, ne faisaient que tirer les marrons du feu. Tantôt pour les Palestiniens, tantôt pour les Israéliens, mais surtout pour les Syriens. En jouant double jeu sur les antagonismes et les contradictions internes, ces derniers avaient réussi à prendre pied militairement au Liban en 1976, pour n'en sortir que 29 ans plus tard, en 2005, balayés par la révolte qui a saisi le peuple libanais après l'assassinat du président Rafic Hariri et de ses compagnons, autant que par la pression américaine.
Mais sur le plan politique, les Syriens, renvoyés militairement par la grande porte, n'ont même pas besoin de rentrer par la fenêtre. Car ils sont restés bien présents, beaucoup trop même, grâce à leurs fidèles du cru. Faut-il rappeler que le rassemblement du 8 mars, au cours duquel le Hezbollah, Amal et leurs alliés avaient pu mobiliser des centaines de milliers de manifestants, avait pour but d'affirmer un soutien total au régime totalitaire de Damas ?
Un régime qui, comme plusieurs indices probants le montrent, se soucie beaucoup plus de contrer le projet d'État libanais digne de ce nom, donc de faire perdre le 14 Mars, que de voir ses bons amis du cru portés au pinacle. Et c'est ce que ces derniers ne semblent pas bien réaliser.

Mentalité puérile : dans la guerre des boutons en cours, les combattants se soucient bien plus de faire plier l'adversaire, même en y perdant des plumes, que de marquer des points utiles ou d'engranger de solides avantages. Cette dérive de vanité et d'orgueil mal placé se relève tant au niveau régional et international que sur le plan local. Émanant en premier, c'est tout naturel, des parties frustrées, elle se révèle contagieuse au point de contaminer des puissances en principe rationnelles, gagnées par l'obsession orientale de ne pas perdre la face.Mais c'est au Liban, maillon faible de la chaîne, que l'aberration se montre la plus nocive. Surtout en ces temps d'épreuve ministérielle. En effet, quand on se demande aux...
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