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Liban - Pause Verte

Pour un bout de mer

Le comble de l'absurde ? C'est de vivre dans un pays côtier tout en étant dans une quasi-impossibilité d'accéder librement à la mer. Mais il faut dire qu'au Liban, on n'est pas à un absurde près.
Cette remarque, qu'on entend souvent autour de nous par les temps qui passent, n'est pas faite pour dénigrer les projets en bord de mer. Loin de là. Elle consacre un droit, celui de l'accès aux plages, celui de la préservation du littoral, surtout les endroits encore intouchés. Qui a dit que projets et développement ne pouvaient rimer avec protection de l'environnement ? Les critères du tourisme ont bien changé, comme d'aucuns le font remarquer.
Mais il y a bien pire que des projets qui vont clairement à l'encontre de la protection de l'environnement. Il y a ceux qui suivent la mode des « études d'impact environnemental » effectuées pour la forme, et visant bien plus à justifier un projet, quel que soit son impact sur la nature, qu'à montrer comment ses concepteurs comptent s'y prendre pour ne pas nuire à l'environnement. Ce genre d'études est, certes, devenu incontournable de nos jours, et elles font l'objet d'un projet de décret au ministère de l'Environnement qui n'a toujours pas été adopté. Mais celles-ci devraient servir l'objectif pour lequel elles ont été conçues, pas servir de prétexte pour alléger des consciences. Ce n'est malheureusement souvent pas le cas.
La préservation du littoral mérite de faire l'objet d'un effort sérieux, de la part non seulement des autorités, mais aussi de la société civile et du secteur privé. Un changement de cap s'impose : des années de saccage ont montré la capacité de nuisance à ce niveau. Ce qui reste du littoral n'est qu'une infime partie qui rappelle ce qu'en était la morphologie avant toutes les modifications. Il vaudrait mieux rester prudent avant d'accorder des permis désormais, et avant de laisser construire un énième complexe balnéaire ou résidentiel qui bloque la plage au public. Et encourager, plutôt, les projets qui permettent de sauver les plages (et ils existent), tout en assurant un accès gratuit et libre à ceux qui le désirent.
Pour un bout de mer, que ne ferait-on ? La question ne porte pas seulement sur la gratuité de l'accès au littoral, mais aussi et surtout sur la liberté de pouvoir jouir de ce bien public consacré par la Constitution.
Le comble de l'absurde ? C'est de vivre dans un pays côtier tout en étant dans une quasi-impossibilité d'accéder librement à la mer. Mais il faut dire qu'au Liban, on n'est pas à un absurde près. Cette remarque, qu'on entend souvent autour de nous par les temps qui passent, n'est pas faite pour dénigrer les projets en bord de mer. Loin de là. Elle consacre un droit, celui de l'accès aux plages, celui de la préservation du littoral, surtout les endroits encore intouchés. Qui a dit que projets et développement ne pouvaient rimer avec protection de l'environnement ? Les critères du tourisme ont bien changé, comme d'aucuns le font remarquer. Mais il y a bien pire que des projets qui vont clairement à l'encontre de la...
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