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Liban - La Situation

Gouvernement : « Un climat positif et sérieux »

Sort-on enfin des brumes ? Timidement certes, mais sûrement. On dispose en effet, depuis hier, d'une plus grande visibilité en ce qui concerne le processus de formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Si c'est en partie dû à la situation régionale, marquée par une grande éclaircie dans les rapports entre Damas et Riyad, les efforts de Saad Hariri n'y sont pas pour rien. Il l'a affirmé clairement hier, en parlant de la crise de confiance qui régnait entre les grands pôles politiques du pays et de la stratégie de contacts directs qu'il a suivie pour dissiper cette méfiance. Le résultat est là, et il semble tout à fait probant. Se parler directement, après trois ans d'invectives, vaut mieux que de le faire par déclarations venimeuses interposées. Les embrassades seront pour plus tard !
Le Premier ministre désigné, qui a informé le chef de l'État des résultats de ses entretiens et de son impression générale, a insisté en particulier sur le très bon contact qu'il a eu avec le général Michel Aoun. Selon une source proche de Baabda, des obstacles qui avaient empêché les premières consultations d'aboutir ont été surmontés. Ainsi, il est acquis que Gebran Bassil fera partie du nouveau gouvernement, si l'on se décide finalement pour une formule élargie. Il n'est pas acquis, par contre, que le portefeuille des Télécoms lui soit attribué. Mais sur ce point, la situation continue d'être floue, semble-t-il, les sources en question affirmant que la composition nominale du gouvernement, ainsi que la répartition des portefeuilles, n'ayant pas encore été systématiquement abordées. Mais l'on est sur le point de le faire, semble-t-il.
En effet, M. Hariri a abordé hier soir une nouvelle phase de ses consultations : elle consiste en des entretiens exclusifs avec les chefs de blocs parlementaires. Il a entamé cette phase en rencontrant en soirée M. Walid Joumblatt, mais en présence de MM. Ghazi Aridi et Waël Bou Faour. Cela signifie peut-être qu'à l'image de la Trinité, ces trois personnages ne sont en fait qu'une seule personnalité !
Parmi les points qui seront abordés, au cours de cette phase, figure la forme que prendra le gouvernement. Le Premier ministre désigné l'a laissé entendre hier, au cas où un gouvernement élargi - formule qui a la préférence de la plupart des groupes - ne pourra pas être formé, d'autres formules seront envisagées. Sur ce point précis, on apprenait que le général Aoun n'a manifesté aucune réserve à l'égard d'un gouvernement de pôles politiques, panaché de ministres technocrates, à condition bien sûr qu'il s'agisse d'un gouvernement de véritable union nationale.
L'optimisme prudent manifesté en soirée dans les milieux politiques avait été précédé, en cours de journée, de déclarations très sceptiques émanant de Samir Geagea et Ahmad Fatfat, qui continuent de croire que l'opposition affiche son optimisme, pour mieux jouer en sous-main les blocages. M. Fatfat en veut pour preuve les déclarations frisant l'ingérence de la presse syrienne, qui annonçait naïvement voici quelques jours que le régime libanais est « cliniquement mort ».
Hier, le Watan syrien avait changé de ton. Citant des milieux proches du Premier ministre désigné, il a transporté le malade dans la salle de réanimation, assurant que le gouvernement, dit « du plus petit commun dénominateur » verrait le jour dans les deux semaines, ayant été branché sur le respirateur du climat de détente régional et international : le roi Abdallah en Syrie, Mottaki à New York, Moallem à Paris, Mokdad à Washington, sans parler du dialogue entre le Hamas et Israël sur Gilad Shalit. Citant des proches de M. Hariri, le quotidien va jusqu'à dire que le gouvernement pourrait même être formé dans la première semaine d'octobre.
Sondés par L'Orient-Le Jour, ces milieux ont affirmé hier que le climat qui prévaut est « positif et sérieux », que M. Hariri fera « de son mieux » pour former un gouvernement « le plus rapidement possible », tout en affirmant « qu'il n'y a pas un échéancier précis ». Quatre mois après le début de la formation du gouvernement, se décidera-t-on enfin, dans les cercles du Premier ministre désigné, à traiter l'opinion en adulte ?
Sort-on enfin des brumes ? Timidement certes, mais sûrement. On dispose en effet, depuis hier, d'une plus grande visibilité en ce qui concerne le processus de formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Si c'est en partie dû à la situation régionale, marquée par une grande éclaircie dans les rapports entre Damas et Riyad, les efforts de Saad Hariri n'y sont pas pour rien. Il l'a affirmé clairement hier, en parlant de la crise de confiance qui régnait entre les grands pôles politiques du pays et de la stratégie de contacts directs qu'il a suivie pour dissiper cette méfiance. Le résultat est là, et il semble tout à fait probant. Se parler directement, après trois ans d'invectives, vaut mieux que de le faire par...
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