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Liban - La Situation

Météo ensoleillée, mais gouvernement encore reporté…

C'est le régime de la douche écossaise. À chaque déclaration optimiste fait écho une autre qui l'est moins et les Libanais ne savent plus s'ils doivent espérer une formation rapide du gouvernement ou bien attendre encore des développements qui vont au-delà de la fameuse équation si chère au président de la Chambre « S-A » (Syrie-Arabie saoudite). Comme les informations se font rares, les journalistes se raccrochent aux indications météorologiques de Nabih Berry qui a fait état hier d'« ensoleillement persistant ». Ce qui pourrait signifier que les négociations pour la formation du gouvernement progressent, mais en octobre, même le Liban n'est pas à l'abri d'une petite tempête, dans le genre de ce qui s'est passé à Majdel Anjar...
C'est donc un optimisme prudent et fragile - à force d'avoir été démenti par les faits - qui règne depuis le début de la semaine, plus précisément depuis que le président de la République a fixé deux principes de base au cours de son entretien avec le quotidien al-Hayat : la nécessité de former un gouvernement d'union nationale, autrement dit sur la base de la formule 15-10-5, et la possibilité d'attribuer des portefeuilles aux candidats malheureux aux législatives, puisque aucun texte constitutionnel ne l'interdit. Ces deux questions ne posent donc plus de problèmes et, bon gré mal gré, les nouvelles consultations du Premier ministre désigné commencent là où elles s'étaient arrêtées avant sa nouvelle désignation, le climat négatif en moins. Certes, au sein de la majorité, certaines voix réclament des portefeuilles pour ses propres candidats malheureux comme Farès Souhaid, Carlos Eddé et d'autres, mais les milieux politiques estiment en général qu'il s'agit surtout de positions destinées à la négociation, non de revendications sérieuses.
Désormais, la présence de Gebran Bassil au gouvernement est devenue acquise, même s'il n'est pas encore sûr d'obtenir le portefeuille des Télécommunications. Certaines informations laissent même entendre que ce portefeuille pourrait échoir au candidat chiite du président de la République Adnane Sayyed Hussein, qui a aussi la confiance du bloc chiite. Mais il s'agit encore de propositions officieuses qui attendent de faire l'objet de débats sérieux. Car les blocs parlementaires qui se sont réunis hier avec le Premier ministre désigné ont affirmé que les discussions sont restées dans les généralités et que Saad Hariri n'a pas encore commencé à évoquer avec ses interlocuteurs l'attribution des portefeuilles et le choix des noms. Il faudra sans doute attendre les réunions d'aujourd'hui avec le Bloc du changement et de la réforme, puis avec celui des Forces libanaises pour vérifier si les consultations sont entrées dans une phase décisive. Des sources proches de la majorité affirment toutefois qu'il ne faut pas s'attendre à un coup de théâtre dans les prochains jours et que, de toute façon, le Premier ministre désigné ne compte pas présenter une formule complète avant la semaine prochaine, quitte à tenir une réunion dans ce but avec le président Sleiman pendant le week-end.
C'est aussi la semaine prochaine que le roi Abdallah d'Arabie doit se rendre à Damas après l'invitation officielle remise par le ministre syrien de l'Information Bilal Mohsen à son homologue saoudien Abdel Aziz Khoja. La Syrie s'est d'ailleurs empressée de nommer un nouvel ambassadeur à Riyad et dans les coulisses diplomatiques on prévoit que la visite du roi Abdallah en Syrie durera trois jours et comportera une visite à Lattaquié et une autre à Alep. Le roi Abdallah devrait donc recevoir un accueil digne de son rang et de sa qualité, de nature à montrer que la page des conflits entre les deux pays est définitivement tournée. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, un accord entre l'OLP et le Hamas conclu sous l'égide de l'Égypte a été annoncé hier, alors que le dialogue entre l'Iran et la communauté internationale doit reprendre aujourd'hui. Rappelons que l'Égypte avait longtemps accusé la Syrie d'entraver un accord entre les deux factions palestiniennes, et une fois celui-ci signé officiellement, Le Caire pourrait donc se rapprocher de Damas.
Tous ces indices régionaux et internationaux favorisent-ils la naissance du gouvernement d'entente attendu depuis trois mois ? Des milieux proches de la minorité parlementaire se demandent s'il y a un lien entre ce soudain vent d'optimisme et les apparitions médiatiques répétées du secrétaire d'État adjoint Jeffrey Feltman, qui a donné trois interviews en quelques jours, alors que le vice-président américain Joe Biden est entré en contact avec le président Sleiman (qui était lui-même à New York quelques jours auparavant) et avec le Premier ministre désigné... S'agit-il de confirmer la tendance à l'optimisme ou au contraire de demander aux Libanais de ne pas aller trop vite et de rester prudents, notamment dans la lecture des développements régionaux et internationaux ? Les supputations vont bon train et le temps que semble vouloir s'accorder le Premier ministre désigné permettra sans doute d'y voir plus clair...
C'est le régime de la douche écossaise. À chaque déclaration optimiste fait écho une autre qui l'est moins et les Libanais ne savent plus s'ils doivent espérer une formation rapide du gouvernement ou bien attendre encore des développements qui vont au-delà de la fameuse équation si chère au président de la Chambre « S-A » (Syrie-Arabie saoudite). Comme les informations se font rares, les journalistes se raccrochent aux indications météorologiques de Nabih Berry qui a fait état hier d'« ensoleillement persistant ». Ce qui pourrait signifier que les négociations pour la formation du gouvernement progressent, mais en octobre, même le Liban n'est pas à l'abri d'une petite...
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