Ministre des Affaires étrangères (mai 2002-mars 2004), de l'Intérieur (mars 2004-mai 2005), puis Premier ministre (mai 2005-mai 2007) à l'époque des faits, Dominique de Villepin est jugé pour « complicité de dénonciation calomnieuse, complicité de faux, recel de vol et d'abus de confiance ». Les faux listings de comptes bancaires de la société luxembourgeoise Clearstream remis à la justice entre avril et octobre 2004 comportaient, outre les patronymes hongrois de Nicolas Sarkozy, Nagy et Bocsa, des centaines de noms. Dominique de Villepin a expliqué aux juges qu'il avait été informé de cette affaire une seule fois, lors d'une réunion le 9 janvier 2004 au ministère des Affaires étrangères, qu'il dirigeait à ce moment. Il n'en aurait ensuite plus entendu parler jusqu'en juillet 2004.
Le 9 janvier, a-t-il dit, le vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin lui a fait part de l'existence des listings qui devaient se révéler faux, en présence de Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, qui avait déjà engagé une enquête. Il a raconté avoir demandé au général Rondot de poursuivre des investigations générales, en invoquant les « instructions générales du président de la République (Jacques Chirac) sur la moralisation de la vie économique internationale ». « Nous ne sommes entrés à aucun moment dans la définition des cibles ou dans l'implication de personnes », a-t-il ajouté. Jacques Chirac a été informé, mais, a dit le prévenu, « il n'y a jamais eu d'instruction présidentielle dans ce dossier ».
Le président du tribunal lui a alors lu une note manuscrite du général Rondot rendant compte de cette réunion du 9 janvier, saisie lors de l'enquête et où on lit « enjeu politique, Sarkozy » et « compte couplé Nicolas Sarkozy-Bocsa ».
« Il n'a à aucun moment été fait référence à Nicolas Sarkozy en liaison avec ce système occulte et les listings », a répondu Dominique de Villepin.
Il a assuré qu'il avait juste été débattu de l'éventualité d'alerter Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, de l'affaire, ce qui a été écarté car jugé « pas opportun ».

