Une nouvelle salve de missiles américains --la troisième en 24 heures-- a fait huit morts mercredi dans le nord-ouest du Pakistan, signe que Washington intensifie ces frappes ciblant les talibans pakistanais et afghans, mais aussi Al-Qaïda, dans ces zones tribales frontalières avec l'Afghanistan.
Huit combattants islamistes ont été tués par deux missiles guidés tirés par "un avion sans pilote drone américain" qui a détruit un complexe d'habitations dans le district tribal du Waziristan du Nord, ont indiqué des sources militaires pakistanaises concordantes.
"Il s'agissait de trois Arabes, un Ouzbek, un Tchétchène et trois pakistanais", a assuré à l'AFP l'un de ces officiers, sous couvert d'anonymat.
Seule la CIA et l'armée américaine qui combat les talibans en Afghanistan disposent dans la région de ce type de drones, des Predator équipés principalement de missiles à guidage laser Hellfire.
Ils visent désormais quasi-quotidiennement des combattants étrangers d'Al-Qaïda et des talibans afghans et pakistanais dans leurs fiefs des zones tribales.
Mardi après-midi, au moins 12 combattants islamistes avaient déjà péri dans deux attaques de drones, l'une dans le Waziristan du Nord, l'autre dans le Waziristan du Sud, le berceau des talibans pakistanais liés à Al-Qaïda.
Ces bilans sont impossibles à vérifier, ces zones étant sous le contrôle total des talibans pakistanais et des combattants étrangers d'Al-Qaïda, venus essentiellement d'Asie centrale ou de pays arabes.
Et jeudi, une attaque de missiles américains avait déjà fait dix morts parmi les militants islamistes au Waziristan du Nord.
Une soixantaine d'attaques de drones américains ont fait près de 600 morts dans le nord-ouest du Pakistan depuis août 2008. Auparavant, ces frappes étaient moins fréquentes et faisaient de nombreuses victimes parmi les civils, selon Islamabad qui protestait alors avec véhémence.
Depuis, selon les experts, les missiles américains se sont montrés beaucoup plus efficaces, faisant mouche le plus souvent.
"C'est que les renseignements au sol provenant des services de renseignements pakistanais sont devenus plus fiables", commente un observateur occidental proche des milieux militaires, sous couvert d'anonymat.
Le gouvernement pakistanais ne proteste plus aussi énergiquement et les médias locaux et occidentaux rapportent régulièrement qu'un accord lie les deux pays pour autoriser ces frappes, ce que dément Islamabad, allié-clé de Washington dans sa "guerre contre le terrorisme" depuis fin 2001.
"Le renseignement américain a fait des progrès considérable et le Pakistan coopère avec les Américains", souligne ainsi pour l'AFP Rahimullah Yusufzaï, journaliste et expert reconnu des zones tribales pakistanaises.
Les Etats-Unis considèrent qu'Al-Qaïda y a reconstitué ses forces et que les talibans afghans y ont installé des bases arrière, soutenus par les talibans pakistanais fédérés sous la bannière du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP). Ils s'infiltrent à travers une frontière poreuse et infligent des pertes de plus en plus lourdes aux quelque 100.000 soldats des forces internationales en Afghanistan, dont les deux-tiers américains.
Le chef-fondateur du TTP, Baïtullah Mehsud, a lui-même été tué par un missile tiré par un drone américain le 5 août, dans son fief du Waziristan du Sud.
Les talibans pakistanais sont à l'origine de la vague sans précédent d'attentats - suicide pour la plupart - qui a fait plus de 2.100 morts dans tout le Pakistan ces deux dernières années.
Depuis avril, l'armée pakistanaise, sous la pression intense de Washington, a lancé plusieurs offensives dans le nord-ouest et les zones tribales.
Huit combattants islamistes ont été tués par deux missiles guidés tirés par "un avion sans pilote drone américain" qui a détruit un complexe d'habitations dans le district tribal du Waziristan du Nord, ont indiqué des sources militaires pakistanaises concordantes.
"Il s'agissait de trois Arabes, un Ouzbek, un Tchétchène et trois pakistanais", a assuré à l'AFP l'un de ces officiers, sous couvert d'anonymat.
Seule la CIA et l'armée...


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