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Polanski a demandé sa mise en liberté

Quelques voix commencent à troubler le concert de soutiens.
Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, détenu depuis samedi en Suisse, a demandé hier sa remise en liberté et déposé un recours contre son arrestation en vue d'une extradition aux États-Unis, ont annoncé son avocat et la justice suisse.
L'avocat français du cinéaste, Me Hervé Temime, a déclaré à l'AFP avoir remis « un recours contre la notification du mandat d'arrêt international » auprès du tribunal de Bellinzona, une des plus hautes instances judiciaires suisses, et de l'Office fédéral de Berne. « Nous demandons donc sa mise en liberté, éventuellement sous conditions. Il n'y a pas de délai légal pour cette décision, mais nous espérons qu'elle interviendra au plus vite », a ajouté l'avocat.
La justice helvétique a de son côté annoncé avoir reçu un recours de Roman Polanski contre son arrestation en vue d'une extradition, mais sans faire mention d'une demande de remise en liberté. Le Tribunal fédéral pénal de Bellinzona (sud de la Suisse) « confirme avoir reçu ce jour une plainte de Roman Polanski contre le mandat d'arrêt aux fins d'extradition délivré par l'office fédéral (ministère) de la Justice », selon un communiqué de ce tribunal. « Une décision sera rendue au cours de ces prochaines semaines à l'issue des échanges d'écritures », a ajouté le tribunal sans plus de détail.
Par ailleurs, des voix discordantes commençaient à s'élever en France trois jours après l'arrestation de M. Polanski, marquant leurs distances avec le soutien du monde du cinéma et des autorités françaises, et insistant sur la gravité des faits reprochés au cinéaste. Hier, l'eurodéputé Vert et ancien leader de la révolte étudiante de mai 68 Daniel Cohn-Bendit a critiqué le soutien officiel de la France à Roman Polanski. « Il y a eu viol sur une jeune fille de 13 ans (...). C'est un problème de justice et je trouve qu'un ministre de la Culture, même s'il s'appelle Mitterrand, devrait dire : j'attends de voir les dossiers », a estimé Daniel Cohn-
Bendit. Le ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand avait jugé dimanche « absolument épouvantable » l'arrestation de Roman Polanski « pour une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens », tandis que le chef de la diplomatie Bernard Kouchner avait indiqué lundi avoir demandé sa libération à la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.
Le cinéaste franco-polonais, 76 ans, a été arrêté samedi à sa descente d'avion à Zurich où il devait recevoir un prix pour l'ensemble de son œuvre. Recherché par la justice américaine après une procédure ouverte en 1977 pour des « relations sexuelles illégales » avec une adolescente de 13 ans, il pourrait, dans les 40 jours, être extradé vers les États-Unis. Il s'est opposé à son extradition. Alors que les amis du réalisateur ont dénoncé un « traquenard policier » dans une pétition, une partie de la presse française s'est étonnée du fait qu'on puisse envisager pour un citoyen, aussi talentueux soit-il, une « immunité artistique ».
« Génial et sympathique, Polanski n'est pas au-dessus des lois », affirme dans son éditorial le journal régional breton Le Télégramme, soulignant qu'outre-Atlantique, « on ne plaisante pas avec la loi, que l'on soit pauvre ou puissant ». « Peut-on à ce point être oublieux de la tragédie vécue par une gamine de 13 ans au point de n'en faire qu'une sorte de péripétie, d'accident de parcours dans la vie du "génie" ? Un viol, c'est jamais génial », assène La Charente libre (Sud-Ouest). La République du centre, de son côté, s'étonne de voir des intellectuels vouloir instaurer une « excuse de notoriété ». Ces journaux régionaux mettent ainsi en garde contre une coupure entre les élites intellectuelles parisiennes et l'opinion.
C'est cette logique de classe que dénonce de manière virulente le Front national. La vice-présidente du parti d'extrême droite, Marine Le Pen, a dénoncé « le fait d'appartenir à la caste surprotégée du show-biz » qui exonérerait « ses membres de respecter les lois ». Plus nuancé et l'un des rares à se démarquer parmi les cinéastes, le réalisateur Luc Besson a dit son « affection » pour Roman Polanski tout en estimant que la justice devait « être la même pour tout le monde ». De son côté, la présidente de l'association de défense de l'enfance l'Enfant bleu, Brigitte Bancel-Cabias, s'est demandé s'il était « normal qu'un homme de plus de 40 ans ait des relations sexuelles avec une jeune enfant de 13 ans » et s'est étonnée « qu'on ait mis autant de temps pour le rattraper ». Arrêté en 1977 à Los Angeles sur plainte des parents de Samantha Geimer, Polanski avait plaidé coupable de « relations sexuelles illégales » et passé un mois et demi en prison. Fin janvier 1978, il avait fui en Europe.

Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, détenu depuis samedi en Suisse, a demandé hier sa remise en liberté et déposé un recours contre son arrestation en vue d'une extradition aux États-Unis, ont annoncé son avocat et la justice suisse.L'avocat français du cinéaste, Me Hervé Temime, a déclaré à l'AFP avoir remis « un recours contre la notification du mandat d'arrêt international » auprès du tribunal de Bellinzona, une des plus hautes instances judiciaires suisses, et de l'Office fédéral de Berne. « Nous demandons donc sa mise en liberté, éventuellement sous conditions. Il n'y a pas de délai légal pour cette décision, mais nous espérons...
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