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Liban - Citoyen Grognon

Bien tristes départs

Les départs. Les au-revoir. Les « À l'année prochaine ». Les « Que Dieu vous protège »... Quoi de plus triste, de plus déprimant, à l'heure où chacun d'entre nous se replonge dans son train-train quotidien, après avoir fait ses adieux à ses émigrés de retour dans leurs patries d'adoption.
L'été était faste. Les visiteurs nombreux. Les familles réunies. Les retrouvailles bruyantes et colorées. Fleurs, présents et festins ponctuaient chaque occasion. Les maisons s'emplissaient. Les lieux publics aussi. Les flashes crépitaient. Les plus jeunes couraient partout. Belle ambiance de fête où l'on raconte sa vie en quelques phrases, où l'on dévisage les ados avec émotion, où l'on s'extasie face aux réussites des uns, et l'on compatit face aux épreuves des autres.
Surchargé aussi. En festivités, en visites touristiques, en balades, en journées de plage, en virées dans les boutiques d'artisanat, en déjeuners de famille, en soirées entre amis, en diverses formalités administratives pour certains aussi... Caser le moindre événement de dernière minute se transformait en véritable casse-tête. Il fallait parfois grignoter sur les heures de sommeil ou ajouter des repas, histoire de ne fâcher personne.
Car il s'agissait de profiter à bloc de la moindre minute. Profiter absolument de tout, de ses proches, des vacances, de la nourriture locale, des bons moments passés ensemble. Profiter un max pour ne rien rater, pour ne rien regretter, pour ne pas se dire, « ah si j'avais... » ou « dommage, nous aurions dû... ».
Les Libanais d'ici se sont coupés en quatre pour leurs émigrés et leurs expatriés. Tout à leur bonheur de les revoir et de les recevoir. Chacun selon ses moyens évidemment. Même s'ils n'étaient pas tous en vacances et que certains devaient se lever tôt le lendemain pour aller travailler. Même si certains n'avaient pas la forme, minés par les soucis quotidiens, si nombreux au pays du Cèdre. Même s'ils devaient braver les embouteillages et les heures de route pour rencontrer des proches, ne serait-ce que pour un café. Même si leur quotidien s'en trouvait tout chamboulé, l'espace de quelques semaines.
L'été est terminé. Tout aussi vite qu'il a démarré. Chacun d'entre nous réapprend à vivre sans ses émigrés. Ravaler sa tristesse. Essuyer ses larmes. Se rappeler les moments de bonheur partagé. Trouver la force de rire des maladresses de l'un, de l'humour de l'autre, des sautes d'humeur du troisième.
Bien triste situation que celle des familles libanaises, alors qu'elles font de déchirants adieux à leurs émigrés et leurs expatriés partis vivre sous une meilleure étoile. « Le Liban est un pays d'émigration », disent certains, comme pour vous faire accepter, malgré vous, cette absurde réalité. « Le pays est trop petit pour englober toute sa population », disent d'autres, remuant le couteau dans la plaie.
Indifférent aux dires des uns et aux affirmations des autres, vous ne pouvez vous empêcher de penser qu'il devrait bien y avoir une autre solution, moins douloureuse, que celle de voir sa famille amputée d'un ou de plusieurs de ses membres.

Les départs. Les au-revoir. Les « À l'année prochaine ». Les « Que Dieu vous protège »... Quoi de plus triste, de plus déprimant, à l'heure où chacun d'entre nous se replonge dans son train-train quotidien, après avoir fait ses adieux à ses émigrés de retour dans leurs patries d'adoption.L'été était faste. Les visiteurs nombreux. Les familles réunies. Les retrouvailles bruyantes et colorées. Fleurs, présents et festins ponctuaient chaque occasion. Les maisons s'emplissaient. Les lieux publics aussi. Les flashes crépitaient. Les plus jeunes couraient partout. Belle ambiance de fête où l'on raconte sa vie en quelques phrases, où l'on dévisage les...
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