Évoquant la formation du gouvernement, Mme Moawad a indiqué à l'issue de la rencontre : « Il est de plus en plus évident que dès que le processus constitutionnel est en panne, l'instabilité sécuritaire refait surface. » « Désormais, a-t-elle ajouté, il existe deux camps opposés. Celui du 14 Mars qui, suite aux élections, peut affirmer représenter une grande partie du peuple libanais qui réclame un État fort, qui puisse réaliser l'indépendance, la souveraineté, la démocratie et le bon fonctionnement des institutions, un État qui permette aux Libanais de se retrouver autour de certains principes et de consacrer la coexistence », a-t-elle dit.
« Un autre camp (celui du 8 Mars) œuvre, en même temps, à l'instabilité dans le pays et à la création d'un climat propice à une insurrection contre la Constitution et le pacte national, contre les résultats des élections parlementaires et contre, malheureusement, le principe d'un Liban unique », a-t-elle ajouté, précisant que cette insurrection « est soutenue par des pays étrangers qui tentent de réaliser leurs intérêts en transformant le Liban en un champ ouvert aux conflits ».
À la question de savoir si elle s'attend à voir bientôt le gouvernement se mettre en place, elle a répondu :
« Ce dont nous avons été témoins lors du premier round de consultations n'était pas très encourageant pour l'avenir. »
Le mufti a par ailleurs reçu le chef du Parti national libéral, le député Dory Chamoun, qui a affirmé avoir examiné avec lui les questions de l'heure et la formation du gouvernement. Prié de dire si la visite du chef de l'État syrien, Bachar el-Assad, en Arabie saoudite aura des répercussions positives au Liban, il a estimé que cela « est possible, si le président Assad est animé de bonnes intentions. Il doit avoir, dès son retour, une position claire en sommant ses amis et alliés libanais d'abandonner leurs petites revendications et de se concentrer sur ce qui est plus important, à savoir l'intérêt du Liban ». « Je n'ai pas grand espoir dans la formation du cabinet, parce qu'il y a des intérêts personnels qui n'ont rien à voir avec l'intérêt du pays et qui ont le dessus sur ce dernier.(...) Le pays tout entier repose sur le gendre, comme l'a dit Aoun », a-t-il ajouté.


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