Il n'avait pas une vie tapageuse. Ni de vices cachés. Et encore moins de déviances. Probablement pas. C'était un acteur discret, sain, bien dans sa tête, dans sa peau et dans son corps. Enfin, jusqu'à ce que l'on sache qu'il était malade. On l'avait déclaré au bord de la mort à plusieurs reprises. Il s'était battu. Avait tenu à continuer à tourner. Mais voilà, le cancer a été plus fort que lui. Patrick Swayze s'est éteint à l'âge de 57 ans, le 15 septembre 2009. Baby est désormais alone. Patrick Swayze ne la fera plus danser. Ne la coincera plus dans un coin. Et ne fera plus rêver les minettes que nous ne sommes plus. Comme avant lui Saturday Night Fever, West Side Story ou Footloose, Dirty Dancing a marqué toute une génération. Chansons, danse et histoire d'amour ont fait recette. Patrick Swayze est entré dans la légende des beaux gosses qui faisaient fantasmer les adolescentes. Elles poussaient la chansonnette en chœur avec lui sur Time of my Life. Nous sommes en 1988. Et dans les années 80, cette comédie musicale compte plein d'aficionados. Les posters de Swayze torse nu ornent les murs des filles qui rêvent de se lover dans ses bras musclés ; quant aux garçons, ils l'enviaient, ils ne comprenaient pas qu'on puisse danser aussi bien et être viril à ce point. Patrick Swayze n'a pas eu une carrière extraordinaire. Juste une petite et jolie, à la fin des 80's. Cela faisait des années qu'on ne l'avait pas vu sur un grand écran. Il y a certes eu Ghost et Point Break au début des années 90. Et c'est pratiquement tout. Sauf que ce 15 septembre, beaucoup, beaucoup de trentenaires et de quadras ont eu l'impression de perdre un grand frère. Et les mères, un gendre idéal. Patrick Swayze est mort comme il a vécu : discrètement. Rien de mystérieux dans cette mort. Ce n'était pas comme à la fin de Point Break, son dernier grand film ; il ne s'est pas évaporé dans les vagues dangereuses du Pacifique laissant derrière lui un Keanu Reeves presque veuf. Il est parti, et ses fans se sentent soudain un peu plus vieux. Il est des morts d'artistes qui laissent un goût amer. Cette mort-là est plus tristounette que les autres parce que la nostalgie qu'elle laisse est immense. Nostalgie de glaise, surtout. Car ces jeunes qui ont tenté moult pas de danse se sont imaginés par la suite, les mains pleines d'argile, tour à tour Demi Moore ou Patrick Swayze, frissonnant sur Unchained Melody, une espèce de vieux tube des années 60, remis au goût du jour par la BO du film de Jerry Zucker. Désormais, Patrick Swayze reviendra accompagner les amoureux transis, tel le fantôme qu'il était. Et des fantômes, il y en a des tas. Qui font tourner les tables, claquer les volets et reviennent nous hanter. Les fantômes de nos souvenirs dilués, les fantômes de nos amours perdues, les fantômes de canards déplumés. On vit tous avec des fantômes, apparents ou pas, assumés ou pas, méchants ou pas. Nos fantômes sont là, comme une traînée de poussière ou de tulle qui ondoie derrière nous. Et plus le temps passe, plus la file s'allonge. Fantômes d'enfance, d'adolescence et même d'âge adulte. Ces petits pages sont autant de réminiscences que de secrets enfouis qui se rappellent parfois ou souvent à notre bon/mauvais souvenir. Une photo sur laquelle on tombe, un parfum qu'on sniffe par hasard et qui nous fait sursauter et gémir en silence, une chanson qui grésille sur un vieux transistor, un restaurant auquel on a été, le jingle d'un journal radio, une lettre retrouvée, un numéro de téléphone non effacé sont les parfaits exorcistes de nos fantômes. Lorsqu'ils nous apparaissent au détour d'une rue, ils nous surprennent, terrifient, nous glacent. Les pires sont les fantômes de nos erreurs et de nos anciennes histoires : ce sont les vieilles odeurs. Il suffit de si peu pour que le temps se fige et que l'on se perde dans les dédales de ce château hanté et hantant... En partant, Patrick Swayze a réveillé nos fantômes. Il les a rappelés, leur susurrant des mots tendres afin qu'ils viennent eux aussi nous enlacer par derrière comme avec la Moore. Patrick Swayze n'est plus, mais son fantôme et les autres, si.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il n'avait pas une vie tapageuse. Ni de vices cachés. Et encore moins de déviances. Probablement pas. C'était un acteur discret, sain, bien dans sa tête, dans sa peau et dans son corps. Enfin, jusqu'à ce que l'on sache qu'il était malade. On l'avait déclaré au bord de la mort à plusieurs reprises. Il s'était battu. Avait tenu à continuer à tourner. Mais voilà, le cancer a été plus fort que lui. Patrick Swayze s'est éteint à l'âge de 57 ans, le 15 septembre 2009. Baby est désormais alone. Patrick Swayze ne la fera plus danser. Ne la coincera plus dans un coin. Et ne fera plus rêver les minettes que nous ne sommes plus. Comme avant lui Saturday Night Fever, West Side Story ou Footloose, Dirty Dancing a...