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Culture - Exposition

Les structures recomposées de Maroun el-Hakim

Entre sculptures peintes et peintures sculptées, assemblages et diverses autres techniques, les œuvres exposées à l'Atelier du bonheur à Mazraat Yachouh jusqu'au 27 septembre sont signées Maroun el-Hakim*.

Dire que Maroun el-Hakim est un sculpteur serait trop réducteur. Dire également que c'est un peintre, c'est négliger tout son parcours traversé de différentes expressions artistiques qu'il innove et élabore, toujours au service de l'art. Ces œuvres récentes (2008-2009), exposées dans ce beau cadre qu'est son atelier, « une vieille demeure réaménagée qui a connu nos rires d'enfants », dit-il avec un sourire aux lèvres, illustrent cette recherche incessante.
Aujourd'hui, son rêve est réalisé : faire un bel écrin au travail qu'il fait évoluer et mûrir d'année en année. Cofondateur en 2002 et président du syndicat des artistes plasticiens libanais de 2002 à 2009, Maroun el-Hakim partage son temps entre l'enseignement et son art. Dans cette exposition qu'il a baptisée « Pas de péché en art », l'artiste emprunte de nouveaux virages tout en restant dans la continuité et s'abandonne au dialogue des différents langages. Dans son univers particulier, l'objet devient sujet et les choses anodines de tous les jours, symboles.

Mort et résurrection
Si le peintre-sculpteur s'amuse à assembler tous les éléments de nature différente comme les clefs, le bois, les vis et les clous, la céramique ou la toile toute blanche et même les cravates en les collant, les peignant ou simplement les étalant sur la surface picturale, c'est pour mieux faire parvenir un message nourri de son parcours passé. La récupération chez lui, qui est tout un art, n'est plus « intruse » ou étrangère au thème. Elle semble jaillir du centre de la toile. Ainsi, la palette qu'il introduit et qui est représentée dans toutes ses œuvres emprunte à chaque fois un autre visage. Elle peut être soleil, masque, arbre ou guitare. Elle signifie, dit Maroun el-Hakim, que « les supports anciens sont bien vivants. Seule la créativité est morte ».
C'est à travers cette composition de couleurs, de matériaux, d'étoffes ou d'objets broyés, malaxés, tordus et recomposés que l'artiste creuse et cherche. « Même l'image masculine, dit-il, peut être féminisée. C'est pourquoi j'ai employé la cravate, qui est un symbole masculin, pour la détourner de son sens d'origine. » Une infatigable quête du Graal doublée d'un appel, à l'écoute des grandes causes humaines comme celles de la faim, des enfants démunis ou des femmes. Et ce n'est pas étonnant si Maroun el-Hakim laisse entrevoir, dans ses différents travaux, le visage du Christ. C'est pour mieux nous rappeler que dans toute mort il y a résurrection. Le salut de l'âme serait-il donc dans la création artistique ?

* L'atelier est ouvert de 16 heures à 22 heures. En dehors de ces horaires, appeler au 04/926357.

Dire que Maroun el-Hakim est un sculpteur serait trop réducteur. Dire également que c'est un peintre, c'est négliger tout son parcours traversé de différentes expressions artistiques qu'il innove et élabore, toujours au service de l'art. Ces œuvres récentes (2008-2009), exposées dans ce beau cadre qu'est son atelier, « une vieille demeure réaménagée qui a connu nos rires d'enfants », dit-il avec un sourire aux lèvres, illustrent cette recherche incessante. Aujourd'hui, son rêve est réalisé : faire un bel écrin au travail qu'il fait évoluer et mûrir d'année en année. Cofondateur en 2002 et président du syndicat des artistes plasticiens libanais de 2002 à...
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