Les députés ont déferlé à Baabda dès 10 heures du matin, en commençant par le bloc parlementaire de Zghorta qui s'est abstenu de nommer quiconque, à l'instar du parti Baas. Le chef du parti, Assem Kanso, a ainsi affirmé après l'entretien qu'il a eu avec le président de la République qu'il y aura « une coopération positive avec toute personne qui sera désignée et ce afin de parvenir à un gouvernement d'union nationale ». Les députés du Parti syrien national social (PSNS) n'ont pas nommé Saad Hariri, et prenant la parole, le chef du parti Assaad Hardane a affirmé que « le pays traverse une crise politique grave qui nécessite la coopération de toutes les forces politiques en présence ».
Les Arméniens...
D'autre part, l'alliance de l'Entente arménienne a nommé Saad Hariri et le député Serge Ter Sarkissian a souligné que son bloc insistait « sur la personne » de M. Hariri et sur « le destin et le processus démocratique du pays ». Même son de cloche du côté du bloc Tadamon, et Ahmad Karamé a souligné à cette occasion que cette désignation a été faite pour « préserver Taëf et la démocratie dans le pays, et conformément aux résultats des élections législatives ». Le bloc tripolitain présidé par Mohammad Safadi a également nommé Saad Hariri, de même que le rassemblement des députés arméniens représenté par Hagop Pakradounian, lequel a estimé que M. Hariri est « la personne la plus adéquate » pour former le nouveau gouvernement. Ce dernier a aussi insisté sur les vertus du dialogue, « seule solution pour résoudre les problèmes du pays ». Le ministre de la Culture sortant, Tammam Salam, a également arrêté son choix sur la personne de M. Hariri en souhaitant que le nouveau gouvernement soit « à la hauteur des défis auxquels nous devons faire face ». « J'appuie la candidature de M. Hariri parce que je le crois capable de tenir les rênes du gouvernement », a-t-il ajouté.
Harb...
Pour le député du Batroun, Boutros Harb, il est nécessaire que les différentes parties « tombent d'accord sur un programme unique, et je propose un gouvernement d'union nationale fondé sur un projet politique ». Le fait de mettre en place un gouvernement « sans accord politique préalable revient à créer une arène de conflits politiques », a ajouté M. Harb après avoir désigné Saad Hariri comme chef du prochain cabinet. Les députés Robert Ghanem, Michel Pharaon, Mohammad Kabbara et Dory Chamoun ont également désigné M. Hariri. Pour le député Robert Fadel, « ces consultations ont été caractérisées par une plus grande transparence dans la position des uns et des autres ». M. Fadel a souhaité, après avoir nommé M. Hariri, que « l'ensemble des parties respectent la Constitution parce que le vide institutionnel ne peut pas se poursuivre plus longtemps ». La députée Nayla Tuéni a également arrêté son choix sur la personne de Saad Hariri.
En fin d'après-midi, le Premier ministre sortant Fouad Siniora est arrivé à Baabda : « Je le répète une nouvelle fois, j'ai nommé Saad Hariri pour diriger le prochain gouvernement et je lui souhaite bonne chance. » « J'espère que cette expérience sera positive pour tout le monde et qu'elle permettra à ceux qui ont posé des conditions rédhibitoires de réfléchir », a ajouté M. Siniora qui a mis l'accent sur les « règles constitutionnelles auxquelles il convient de se conformer ». « Je souhaite qu'on s'abstienne de créer de nouvelles coutumes », a-t-il ajouté. Et d'enchaîner : « Bien sûr, il existe un gouvernement qui expédie les affaires courantes, mais il ne saurait remplacer un gouvernement en bonne et due forme. J'espère que tout le monde coopérera cette fois. Les élections législatives se sont soldées par un résultat ; il faut le respecter. Comme dit le Christ : si le sel vient à s'affadir, avec quoi le salera-t-on ? » « Nous espérons que cette expérience par laquelle le pays est passé nous servira de leçon, et que nous ne poserons plus des conditions rédhibitoires en face du Premier ministre désigné », a conclu M. Siniora, à l'issue de son entretien avec Michel Sleiman.

