Les dirigeants européens débattront également de « la mise en place des réformes du marché de la finance, y compris des pratiques de rémunération dans les banques ».
Ils doivent aussi aborder la réforme du Fonds monétaire international - l'Europe est sous pression pour y donner plus de voix au chapitre aux pays émergents - et la lutte contre le changement climatique - notamment l'aide aux pays en développement.
Les dirigeants européens devraient confirmer la position définie par leurs ministres des Finances début septembre, en vue du sommet du G20 de Pittsburgh des 24 et 25 septembre, surtout sur l'encadrement des bonus des banquiers.
Ils devraient aussi se pencher sur le compromis auxquels sont parvenus les grands argentiers du G20, réunis à Londres il y a dix jours, pour des règles mondiales encadrant les bonus des banquiers et sur la nécessité de maintenir les plans de relance massifs lancés l'an dernier.
« L'idée, c'est de faire un bilan de ce qu'on a obtenu au G20 Finances, mais aussi de voir s'il y a des sujets sur lesquels on ne peut pas aller plus loin, notamment sur les bonus et le financement du changement climatique », a indiqué une source diplomatique.
Sur les bonus bancaires, les Français, qui plaidaient pour un plafonnement des bonus au niveau mondial, n'ont pas réussi à obtenir un engagement dans ce sens de leurs partenaires du G20 Finances. Tout juste ont-ils obtenu que cette question ne soit pas totalement abandonnée, mais réexaminée.
Le plus proche collaborateur du président français Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a indiqué lundi que le chef de l'État pourrait quitter la réunion du G20 s'il juge ses résultats insuffisants.
Les Européens ont cependant peu de chances d'obtenir l'adhésion des États-Unis pour aller au-delà du compromis actuel sur la limitation des bonus, alors que le président Barack Obama s'est clairement prononcé lundi contre un plafonnement des rémunérations variables pratiquées dans le monde financier.
L'idée d'une taxe mondiale sur les transactions des marchés financiers pourrait aussi s'inviter dans les débats, après le soutien affiché hier par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
« Si c'est global, je l'appuie, évidemment », a-t-il répondu à un eurodéputé qui lui demandait à Strasbourg s'il soutenait l'idée d'une taxe Tobin après les excès constatés depuis deux ans sur les marchés financiers.
M. Barroso a toutefois insisté sur le fait qu'un tel dispositif devait être « vraiment global », pour ne pas provoquer un exil des banquiers en Europe.
Le front uni attendu des Européens sur la finance avant le G20 de Pittsburgh pourrait cependant être entamé par leurs divisions concernant la restructuration du constructeur automobile Opel.
Plusieurs pays européens, en tête desquels la Belgique - dont l'usine d'Anvers paraît menacée - mais aussi la Grande-Bretagne ou l'Espagne, ont indiqué qu'ils refusaient de faire les frais de cette restructuration au profit de la seule Allemagne, qui semble avoir obtenu le maintien de ses 4 usines.

