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Liban - Pause Verte

Dernières joies de l’été

La pluie d'il y a deux jours (et celle qui risque de tomber ce week-end) nous rappelle à une réalité incontournable : même si, pratiquement, ce qu'on appelle « la belle saison » est loin d'être terminée chez nous, l'été tire à sa fin. Mais la fin de l'été et l'automne au Liban ne sont pas exempts de certaines joies qui leur sont particulières, bien au contraire. Après les chaleurs excessives de l'été et les premières pluies, la nature est splendide et appelle à elle ses amoureux.
En cette période politique morose et souvent déprimante, prendre le volant de sa voiture pour retrouver, ou apprendre à connaître, le pays profond ne peut que s'avérer bénéfique pour le moral. Il y a quand même de beaux coins encore à visiter : on peut commencer par les réserves naturelles très connues, comme la cédraie du Chouf ou celle de Tannourine, ou encore la forêt d'Ehden, une forêt méditerranéenne dans toute sa splendeur, vestige d'une époque révolue.
Moins célèbre, la forêt de la Qammouha, à Kobeyate dans le Akkar, vaut la peine d'être explorée. Avec sa plaine interminable, véritable château d'eau, ses étendues de sapins de Cilicie ou encore de chênes chevelus, ce site est d'une beauté à couper le souffle. Ne pas l'avoir déjà classé comme zone protégée tient de l'inconscience absolue.
Les sites marins n'ont rien à envier aux réserves terrestres. Il y a la longue plage de sable en lacets de Tyr, une ville pleine de surprises même si elle est quelque peu négligée. L'île aux Palmiers à Tripoli vaut aussi le détour. Des visiteurs y ont fait récemment une fascinante rencontre : une tortue de mer qui s'est timidement glissée dans l'eau à l'approche du bateau. Une rencontre d'autant plus fascinante qu'elle devient rare...
Ce n'est pas tomber dans un cliché que de constater combien la nature peut réconcilier l'être avec lui-même, le pousser à jeter un regard nouveau sur ses valeurs et ses priorités. Loin des embouteillages fumants, des étendues de béton impersonnelles, de la laideur, la nature est, dans le sens littéral comme figuré, une bouffée d'air frais indispensable pour se ressourcer. Dans le respect de cette nature, de toute évidence n'a-t-on pas souvent dénoncé dans ces mêmes colonnes les agressions banales perpétrées par les promeneurs ?
Dans un pays qui devient une concentration d'énervés, il ne faut pas négliger l'apport bénéfique de la nature : peut-être parviendra-t-elle à faire revenir ceux qui en ont besoin à la véritable identité nationale, à lier à leurs yeux l'histoire, la géographie et l'avenir.
Peut-être est-ce, au fond, de tous les arguments en faveur de la préservation d'un maximum de sites naturels, le meilleur sans conteste.
Un beau sujet à méditer en savourant les dernières joies de l'été.

La pluie d'il y a deux jours (et celle qui risque de tomber ce week-end) nous rappelle à une réalité incontournable : même si, pratiquement, ce qu'on appelle « la belle saison » est loin d'être terminée chez nous, l'été tire à sa fin. Mais la fin de l'été et l'automne au Liban ne sont pas exempts de certaines joies qui leur sont particulières, bien au contraire. Après les chaleurs excessives de l'été et les premières pluies, la nature est splendide et appelle à elle ses amoureux. En cette période politique morose et souvent déprimante, prendre le volant de sa voiture pour retrouver, ou apprendre à connaître, le pays profond ne peut que s'avérer...
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