« La crise a touché le monde entier, mais les pays du Golfe et l'Asie du Sud-Est s'en sortent », a déclaré cheikh Mohammad, également vice-président des Émirats, à un groupe de journalistes. « Nous n'avons pas arrêté de projets, nous allons simplement en retarder certains », a ajouté le souverain de Dubaï, émirat durement touché par la crise financière internationale et dont plusieurs projets immobiliers pharaoniques sont suspendus dans l'attente d'un redémarrage.
« Le fait que notre argent était ici (à Dubaï) car nous en avions besoin pour nos projets et non pas à l'étranger nous a aidés », a expliqué cheikh Mohammad. Mais il a reconnu que les autorités allaient tirer la leçon de la crise. « Notre stratégie (d'investissements) sera sensiblement la même mais nous serons plus prudents à l'avenir en raison de la crise, surtout dans notre choix des bons projets », a-t-il dit.
Dubaï, dont les ambitions semblaient n'avoir pas de limites, avait annoncé l'an dernier son intention de réaliser plusieurs projets pharaoniques, dont une ville nouvelle d'un coût de près de 90 milliards de dollars.
Mais sous l'effet de la crise, un grand nombre de projets ont été suspendus, alors que le parc immobilier existant a subi de plein fouet le retournement du marché.
Emaar, le géant de l'immobilier local, qui est en train d'achever la construction de Bourj Dubai - la plus haute tour du monde qui a dépassé les 800 mètres de hauteur - a annoncé des pertes de 350 millions de dollars au deuxième trimestre 2009.
Mais malgré la crise, Dubaï a inauguré hier son métro, le premier dans un pays du Golfe, dont la construction d'un coût initial de 4,4 milliards de dollars est passée à 7,6 milliards de dollars.
« Dubaï a déjà construit son infrastructure et nous n'avons pas à nous inquiéter. Je crois que la crise financière est un bon défi, elle doit pousser le monde à marquer une pause et voir dans quelle direction nous allons », a encore dit cheikh Mohammad.
Dubaï, qui n'a pas de ressources pétrolières significatives comme son voisin et partenaire Abou Dhabi, a annoncé après le début de la crise des dettes de 80 milliards de dollars. Pour faire face aux échéances de ses firmes, notamment immobilières, l'émirat a émis des bons du Trésor pour un montant de 20 milliards de dollars, dont la moitié a été souscrite par la Banque centrale des Émirats arabes unis, la fédération à laquelle il appartient.
Selon des estimations économiques, quelque 400 projets immobiliers d'une valeur de près de 300 milliards de dollars ont été gelés ou arrêtés aux Émirats arabes unis en raison de la crise. Dubaï doit sa prospérité essentiellement à l'immobilier, à la finance, au commerce et aux services, contrairement à Abou Dhabi, le principal émirat de la fédération qui a d'importants revenus pétroliers.
Féru de hippisme et grand amateur de football, cheikh Mohammad, 60 ans, a par ailleurs démenti son intention d'acquérir le club de Liverpool. « L'une de nos compagnies allait acheter Liverpool, mais finalement elle ne l'a pas fait », a-t-il indiqué.

