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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Polémique aux États-Unis autour d’un discours d’Obama

Le président américain a prévu de s'adresser aujourd'hui aux écoliers ; la Maison-Blanche cherche à apaiser des parents inquiets d'un bourrage de crâne.
La Maison-Blanche a entrepris d'apaiser des parents d'élèves américains qui craignent de voir le président Barack Obama influencer politiquement leurs enfants dans un discours de rentrée qu'il doit prononcer aujourd'hui. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a assuré qu'il s'agissait simplement de « donner aux enfants des encouragements au moment de la rentrée en leur demandant de tendre vers l'excellence ». De leur côté, les conservateurs fustigent l'initiative du président, qu'ils considèrent comme du bourrage de crâne, et des parents se sont plaints auprès de responsables scolaires. « Je suis sûr que beaucoup vont apprendre sur Shakespeare et qu'ils finiront par ranger ceci à la rubrique "Beaucoup de bruit pour rien" », a déclaré M. Gibbs à la presse en faisant référence à la comédie de l'auteur anglais.
La droite ne décolère pas depuis que la Maison-Blanche a annoncé le mois dernier que M. Obama s'adresserait aux élèves. Le discours, prononcé dans un lycée de Virginie, sera retransmis dans des établissements scolaires de tout le pays. La polémique a éclaté lorsque le département de l'Éducation a envoyé aux écoles américaines un « Menu des activités de la classe ». Ce document suggérait notamment que les élèves écrivent sur le thème : « Comment aider le président ». « C'est Obama-centrique. Cela n'a rien à voir avec l'éducation, mais avec la vénération de Barack Obama », a déclaré Michael Leahy, porte-parole du groupe conservateur Nationwide Tea Party Coalition. « Il s'agit d'un endoctrinement pur et simple sur le culte de Barack Obama, et nous nous y opposons », a-t-il dit. Jim Greer, président du Parti républicain de Floride, a assuré que le président se rendait « dans la classe américaine » pour y répandre l'idéologie socialiste, un terme péjoratif aux États-Unis. « L'idée que les élèves à travers le pays vont être obligés de regarder le président vendre sa réforme pour une couverture santé, des banques et des compagnies automobiles publiques (...) n'est pas seulement exaspérante, mais va à l'encontre de la pensée de la plupart des Américains », a dit M. Greer, père de quatre enfants.
Alors que la tension montait cette semaine, des autorités scolaires locales ont décidé de ne pas diffuser le discours. D'autres ont indiqué qu'elles laisseraient la décision aux professeurs et responsables d'établissement. D'autres encore ont prévu que ceux dont les parents sont opposés à ce que leur enfant écoute le discours puissent s'y soustraire.
Selon un responsable d'une école, qui a souhaité garder l'anonymat, les parents ont inondé l'établissement d'appels pour se plaindre du discours. « L'idée qu'ils se font du contenu du discours est très différente des grandes lignes que j'ai vues », a-t-il dit. Cynthia Farris Sprock, mère d'un lycéen de Californie qui se dit « généralement conservatrice », a affirmé que la controverse tenait « de l'hystérie droitière ». « Je pense que la plupart des enfants et des adultes raisonnables seront d'accord pour dire qu'écouter un discours du président est quelque chose de pertinent », a-t-elle ajouté. Pour apaiser les craintes des parents, la Maison-Blanche a promis que le texte du discours serait publié peu avant. En outre, le département de l'Éducation a remodelé la phrase litigieuse du « Menu des activités de la classe », en retirant la suggestion d'aide au président. D'autres présidents, dont George Bush (père) et Ronald Reagan, des républicains, ont prononcé des discours aux écoliers sans soulever autant d'opposition.

Karin ZEITVOGEL (AFP)
La Maison-Blanche a entrepris d'apaiser des parents d'élèves américains qui craignent de voir le président Barack Obama influencer politiquement leurs enfants dans un discours de rentrée qu'il doit prononcer aujourd'hui. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a assuré qu'il s'agissait simplement de « donner aux enfants des encouragements au moment de la rentrée en leur demandant de tendre vers l'excellence ». De leur côté, les conservateurs fustigent l'initiative du président, qu'ils considèrent comme du bourrage de crâne, et des parents se sont plaints auprès de responsables scolaires. « Je suis sûr que beaucoup vont apprendre sur Shakespeare et qu'ils finiront par ranger ceci à la rubrique...
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