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Liban - Pause Verte

Un crime qui n’en est pas un

S'il y a une leçon à tirer de l'histoire du lionceau sauvé de sa misère dans un pet shop de La Quarantaine, accueilli depuis dans un refuge à Aley (voir L'Orient-Le Jour du 29 août), ou de celle des deux ourses transférées dans un sanctuaire en Turquie après des années de souffrance dans un zoo mal entretenu (voir L'Orient-Le Jour du 2 septembre), c'est bien celle-ci : outre les personnes sensibles à la cause de la protection des animaux au sein du public et de la société civile, la cruauté envers les bêtes laisse étrangement indifférent dans ce pays.
Et il y a de quoi. La loi ne prévoit pas clairement la pénalisation des responsables d'actes de cruauté envers les animaux, comme si cette cruauté-là n'en était pas une. Comment le lion a-t-il été sauvé de ses tortionnaires, qui le laissaient mourir de faim dans une sombre impasse ? Après tout, l'ONG qui s'en est occupée, Beta, a obtenu un jugement du procureur général en faveur du déplacement du félin vers un lieu plus approprié. Mais ce jugement n'était pas fondé sur une clause pénalisant la cruauté envers les animaux, puisque celle-ci n'existe tout simplement pas, mais sur le fait qu'il est illégal d'importer et d'entretenir chez soi un animal comme le lion, sans suivre un processus bien particulier. Il est fort douteux que le propriétaire soit poursuivi pour avoir affamé ce lion qui, quand il a été découvert, ne tenait pas sur ses pattes. D'ailleurs, le danger de voir le lion rendu à son propriétaire une fois qu'il aura retrouvé la forme n'est pas écarté !
De même pour les deux ourses, qui étaient les deux derniers animaux à avoir été sauvés par l'ONG Animals Lebanon dans ce zoo, fermé pour manque d'entretien. Les derniers mois, elles ont failli mourir de faim et de soif dans ce lieu quasi abandonné, n'était-ce l'intervention des militants.
Ces cas ne sont pas uniques, ils sont seulement plus spectaculaires que d'autres. Sans vouloir généraliser le moins du monde, il ne fait nul doute qu'il existe au Liban des pet shops et des zoos où, pour le moins, les animaux ne sont pas bien traités, sinon maltraités. Cages minuscules, sous-alimentation, soins médicaux au minimum... Et dans tous les cas, la surveillance fait défaut, et la loi n'est d'aucun secours.
L'argument que l'on entend généralement quand on tient un tel discours, c'est qu'il est inutile de se soucier des animaux quand tant de personnes sont dans la misère. Cet argument ne tient pas pour deux raisons : d'une part, le manque de surveillance peut être dangereux pour les hommes, car des animaux privés de nourriture et d'hygiène, surtout s'ils sont exotiques et mal connus dans le pays, peuvent devenir une menace malgré eux (pour la santé publique par exemple). D'autre part, si des lois correctes étaient appliquées pour la protection des animaux, ce serait une bonne nouvelle pour les êtres humains, parce que cela voudrait dire que le pays est devenu un État respectueux de la vie en général, autant humaine, animale que végétale.
Jusque-là, des actes de cruauté impunis (même quand ils sont découverts) continuent d'être perpétrés tous les jours sur le territoire libanais. Des crimes qui ne sont pas des crimes aux yeux de la loi. Une torture qui ne dit pas son nom. Une barbarie entourée de silence.
Et dire que ce sont les animaux qu'on qualifie de « sauvages » !
S'il y a une leçon à tirer de l'histoire du lionceau sauvé de sa misère dans un pet shop de La Quarantaine, accueilli depuis dans un refuge à Aley (voir L'Orient-Le Jour du 29 août), ou de celle des deux ourses transférées dans un sanctuaire en Turquie après des années de souffrance dans un zoo mal entretenu (voir L'Orient-Le Jour du 2 septembre), c'est bien celle-ci : outre les personnes sensibles à la cause de la protection des animaux au sein du public et de la société civile, la cruauté envers les bêtes laisse étrangement indifférent dans ce pays.Et il y a de quoi. La loi ne prévoit pas clairement la pénalisation des responsables d'actes de cruauté envers les animaux, comme si cette...
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