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Économie - Bonus

Gordon Brown pas entièrement sur la même ligne que la France

À un mois du G20 de Pittsburgh et à trois jours d'un G20 Finances préparatoire à Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a montré hier que l'Union européenne avait encore du pain sur la planche avant d'aboutir à une position commune sur le thème-phare des bonus.
Tout en se montrant très concerné par la question des bonus excessifs, M. Brown, dont le pays préside le G20 jusqu'à fin décembre, a en effet repoussé dans le Financial Times la proposition française, soutenue par l'Allemagne, d'un plafonnement obligatoire de ces primes, arguant du risque d'affaiblissement des places qui adopteraient des mesures trop restrictives et verraient ainsi partir leurs meilleurs banquiers.
« Je pense que c'est difficile (à appliquer, NDLR dans un environnement international », a déclaré le Premier ministre, afin de ne pas créer de distorsions. « Mais il y a peut-être des manières (...) de mieux faire », a-t-il ajouté.
Les trois grands pays européens sont cependant d'accord sur la nécessité de voir les bonus récompenser des stratégies de croissance réfléchies. « La rémunération doit être basée sur le succès à long terme, et non des transactions de court terme spéculatives », remarque M. Brown. À la manière des « bonus-malus » voulus en France, il est d'accord également pour un « système de récupération du bonus », « si les choses ne marchent pas ».
À plusieurs reprises dans l'interview, M. Brown suggère plutôt que le G20 réfléchisse à « un pourcentage légitime » du résultat de l'entreprise qui serait dévolu aux bonus, car les bonus actuels peuvent paraître « trop élevés en proportion ».
M. Brown rappelle aussi que le Royaume-Uni est favorable à ce que les régulateurs aient davantage d'exigences en matière de capital pour les banques qui prennent des risques inconsidérés.
Le Premier ministre se dit persuadé que tout le monde a compris dans cette crise « qu'il faudrait plus de coopération à l'avenir, pas moins », et que « le défi de Londres et Pittsburgh est de parvenir à un niveau de coopération économique qui nous mettra en bonne situation pour l'année prochaine ».
Mais M. Brown n'est pas pour autant prêt à ce que la place financière de Londres s'affaiblisse : il reconnaît qu'il y a eu « surchauffe » récemment à la City, mais « qu'il y a un ajustement » actuellement.
Pour Neil MacKinnon, de VTB Capital, les courtiers londoniens font le gros dos sous l'orage : « L'argent crée l'envie et la jalousie et ce n'est pas une surprise que les contribuables et les gouvernements veuillent avoir leur mot à dire », alors que beaucoup d'établissements financiers ont bénéficié d'argent public pendant la crise. « Mais les gouvernements doivent être prudents dans ces domaines », souligne-t-il, soulevant à son tour le risque de distorsion de concurrence.
Il estime néanmoins que « le paysage est changeant », et « qu'il est inévitable qu'il y aura plus de supervision par les régulateurs et les agences gouvernementales après cette crise sévère ».
Plus généralement sur l'économie, M. Brown enfin se dit « prudemment optimiste sur l'avenir », tout en remarquant qu'il faudra « faire très, très attention au timing » quand il s'agira de revenir sur les très généreuses mesures budgétaires prises dans le monde pour endiguer la crise. « L'un des buts du G20 est de coordonner cela à l'échelon international », remarque-t-il.
À un mois du G20 de Pittsburgh et à trois jours d'un G20 Finances préparatoire à Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a montré hier que l'Union européenne avait encore du pain sur la planche avant d'aboutir à une position commune sur le thème-phare des bonus.Tout en se montrant très concerné par la question des bonus excessifs, M. Brown, dont le pays préside le G20 jusqu'à fin décembre, a en effet repoussé dans le Financial Times la proposition française, soutenue par l'Allemagne, d'un plafonnement obligatoire de ces primes, arguant du risque d'affaiblissement des places qui adopteraient des mesures trop restrictives et verraient ainsi partir leurs meilleurs banquiers.« Je pense que c'est difficile...
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