Les satisfactions et les motifs d'espérer sont tellement rares côté tricolore que l'éclosion soudaine de l'attaquant toulousain semble avoir ranimé la flamme autour des Bleus. Par son envie, sa générosité dans l'effort et sa hargne, Gignac cristallise autour de lui tout ce qui fait cruellement défaut à la formation de Raymond Domenech.
« Tout ce qui est équipe de France, je prends, déclarait-il le 1er juin. Quand on vient en équipe de France, la fatigue, on ne la calcule même pas, tout se joue sur la motivation. L'équipe de France, c'est merveilleux, c'est extraordinaire, les drapeaux, les gens autour... » Un discours et une déclaration d'amour aux Bleus sincères dans sa bouche mais assez rare en cette période troublée.
Domenech, expert dans les convocations surprise et souvent sans lendemain, peut au moins se dire qu'il a eu le nez creux en donnant sa chance au meilleur buteur de la Ligue 1 en 2008-2009 (24 réalisations).
Il aura en effet suffi de quatre apparitions en équipe de France pour que Gignac fasse l'unanimité dans un groupe qui possède pourtant des pointures sur le front de l'attaque (Henry, Benzema, Anelka).
Comme Ribéry
Et son but aux Féroé lors de sa toute première titularisation a marqué les esprits, le Toulousain, aligné en pointe en l'absence de Henry et préféré à Benzema resté sur le banc, étant la seule éclaircie au sein d'une équipe gagnée par la peur, même contre des joueurs amateurs et une sélection qui pointe à la 163e place au classement FIFA.
« Le jour où il ne tente pas quelque chose, c'est qu'il est malade », avait dit de lui le sélectionneur, le 2 avril, au lendemain de sa première sélection contre la Lituanie (1-0) au Stade de France ponctuée d'une passe décisive pour Ribéry. Cette phrase, Domenech aurait très bien pu la prononcer en faisant référence au milieu de terrain du Bayern Munich tant la ressemblance entre les deux joueurs est frappante. Même état d'esprit, même joie de jouer et une trajectoire personnelle qui sort des sentiers battus : Gignac a rejoint Ribéry dans le cercle des soldats fidèles de Domenech.
Et ce n'est peut-être pas un hasard si ce sont ces deux joueurs qui ont inscrit les quatre buts des Bleus depuis le début de l'année.
La question qui se pose désormais est celle de son rôle pour les deux matches cruciaux contre la Roumanie et la Serbie, les 5 et 9 septembre, alors que tous les cadres du secteur offensif sont opérationnels.
Touché au mollet droit la semaine dernière, Gignac a disputé l'intégralité du match de championnat dimanche contre Valenciennes (1-0) et sera donc apte pour les deux chocs à venir.
Domenech privilégiera-t-il la dimension humaine et l'amour du maillot avec Gignac, ou le Toulousain sera-t-il obligé de rentrer dans le rang derrière les deux vedettes de la Liga (Henry, Benzema) ou celle de la Premier League anglaise (Anelka) ? C'est aussi l'un des enjeux de la semaine décisive qui débute pour les Bleus.


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