Pas moins de 60 feuilletons sont actuellement diffusés par 400 chaînes pendant ce mois, certes, sacré, mais synonyme de rude concurrence entre des chaînes qui se battent à coups de grosses productions et de grands noms pour attirer les annonceurs.
Le ramadan, qui a commencé le 21 ou le 22 août selon les pays, « est le mois le plus attractif pour les publicitaires », affirme à l'AFP au Caire le critique de télévision Adel Abbas, selon lequel le budget alloué aux publicités en Égypte est d'environ 500 millions de livres (100 millions de dollars) pour la seule période du jeûne, soit 40 % du budget annuel.
Selon des experts cités par le quotidien d'Abou Dhabi The National, 30 secondes de publicité coûtent en moyenne 3 362 dollars pendant le ramadan cette année. Mais avec la crise, disent-ils, le marché de la publicité a baissé de 26 % aux Émirats pendant le premier semestre 2009 et de 5 % en Arabie saoudite.
« Étant donné que l'audimat pendant le ramadan est le plus élevé (...), les télévisions s'efforcent de générer le plus de revenus publicitaires possible afin de renflouer leurs budgets, entamés par la crise financière mondiale », affirme le quotidien Egyptian Mail.
Les grandes télévisions, comme la chaîne à capitaux saoudiens MBC 1, comptent donc sur cette période pour redresser leurs recettes publicitaires alors qu'une heure de production, tous programmes confondus, coûte 70 000 dollars.
Le magnat égyptien de la publicité Tareq Nour a même créé une chaîne qui n'existera que le temps du ramadan. Mais cette profusion de moyens provoque la colère de certains dans la région. Ils jugent que le petit écran fait une concurrence déloyale aux aspects spirituels du mois de jeûne musulman.

