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Liban - Commentaire

Dans l’attente d’une initiative ultime de Baabda

Nombre d'observateurs commencent à murmurer qu'au bout de deux mois d'une crise montée de toutes pièces, il serait temps pour Saad Hariri to go public, comme disent les Américains, et de dénoncer devant l'opinion les empêcheurs de tourner en rond, ainsi que leurs motivations et leurs objectifs véritables. Pour les citer à comparaître, à l'instar de Mgr Sfeir, devant le peuple libanais et devant le Tout-Puissant.
On y viendra, peut-être, mais pour le moment, on n'en est pas encore là. Car, pour mince qu'elle paraisse, il subsiste une lueur d'espoir qu'incarne le président Michel Sleiman. On sait que, dans le cadre de sa mission constitutionnelle, il aide le Premier ministre dans sa tâche, sans déborder sur ses prérogatives. Or, relève un ancien ministre chevronné, il est maintenant acquis que Saad Hariri a pratiquement usé toutes ses ressources d'architecte d'un cabinet d'union. En effet, le général Michel Aoun n'en démord pas, il veut à tout prix parachuter derechef son gendre, Gebran Bassil, aux Télécoms. Et, après avoir refusé l'invitation de Hariri à un déjeuner-négociations, il l'a accablé d'invectives, sans oublier de tirer à boulets rouges sur tous les loyalistes. Dès lors, estime l'ancien ministre, il ne reste plus qu'un seul moyen de débloquer la situation. Le président Sleiman devrait prier le général Aoun de lui rendre visite à Baabda, pour essayer de l'amener à composition. À cette relance, le chef du CPL pourrait répondre favorablement, car ce qui semble lui importer, c'est de ne pas donner satisfaction à Hariri, et non au président.
Mais, comme le général Aoun jure ses grands dieux qu'il continuera à camper sur ses positions, il est plausible qu'il ne réponde pas aux souhaits du président Sleiman. Dans ce cas, poursuit l'ancien ministre, le chef de l'État se tournerait vers le Hezbollah pour lui demander de dépêcher au palais une personnalité accréditée, ou une délégation, afin de traiter de la crise ministérielle et des moyens d'en sortir. À ce stade, après avoir recueilli l'avis du Hezb sur le nœud Aoun, le président Sleiman verrait si ce parti s'arc-boute sur un soutien inconditionnel au général ou s'il accepterait de s'entremettre pour tenter de convaincre, à son tour, le chef du CPL au sujet d'une solution médiane, réservant au général Aoun une bonne part au gouvernement, mais sans Gebran Bassil.
Reste une question : dans l'hypothèse où le général Aoun ne se laisserait pas fléchir, même par le Hezbollah, ce parti lui conserverait-il son soutien ? Et accepterait-il que le Liban reste sans gouvernement, alors même qu'il répète tout le temps qu'il est pressé de le voir mettre en place, à cause des menaces israéliennes ?
La position du Hezbollah est essentielle. S'il refusait de transiger, cela signifierait tout simplement que l'Iran et la Syrie ne veulent pas que la crise ministérielle libanaise se dénoue. Cela pour des raisons régionales et internationales connues. Ainsi que pour se faire payer le prix de leur éventuelle intervention conciliatrice.
Si, au contraire, le Hezbollah animé effectivement du souci d'urgence qu'il manifeste se désolidarisait du général Aoun, l'affaire serait réglée en un tournemain. Il deviendrait possible de former le gouvernement sans des représentants du CPL. Alors que, bien évidemment, on ne peut mettre en place une équipe sans des ministres du Hezb, du moment qu'il interdirait à tout chiite d'en faire partie.
En cas d'impasse totale et définitive, que faire ? L'ancien ministre cité répond que le président de la République se verrait alors autorisé à adresser un message solennel à l'Assemblée nationale pour lui exposer la situation en détail et la prier d'entrer en jeu pour contribuer à sortir le pays de la crise. Mais, pourrait-on objecter, l'Assemblée n'a pas à intervenir dans le traitement du problème ministériel. C'est exact en temps ordinaire, mais pas en cas de force majeure ni quand l'intérêt supérieur de la nation est compromis. En effet, le même article du prologue de la Constitution qui consacre la séparation des pouvoirs leur ordonne de coopérer à fond, sans réserve, quand et où c'est nécessaire. Enfin, si rien n'y faisait, il ne resterait plus qu'à former un cabinet d'extraparlementaires comprenant des personnalités de haute confiance.
Nombre d'observateurs commencent à murmurer qu'au bout de deux mois d'une crise montée de toutes pièces, il serait temps pour Saad Hariri to go public, comme disent les Américains, et de dénoncer devant l'opinion les empêcheurs de tourner en rond, ainsi que leurs motivations et leurs objectifs véritables. Pour les citer à comparaître, à l'instar de Mgr Sfeir, devant le peuple libanais et devant le Tout-Puissant.On y viendra, peut-être, mais pour le moment, on n'en est pas encore là. Car, pour mince qu'elle paraisse, il subsiste une lueur d'espoir qu'incarne le président Michel Sleiman. On sait que, dans le cadre de sa mission constitutionnelle, il aide le Premier ministre dans sa tâche, sans déborder sur ses prérogatives. Or,...
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