« Parallèlement aux efforts continus déployés pour établir la composition du gouvernement, toutes les parties doivent assumer la responsabilité de favoriser et de renforcer un climat politique positif et d'empêcher les dérives et les tentatives d'intimidation ou d'escalades verbales absolument inutiles », a indiqué le bloc du Hezbollah. Il a mis l'accent sur le fait que « cette responsabilité nationale est d'autant plus urgente que les projets d'hégémonie dans la région et les tentatives de normalisation avec l'entité sioniste sont tenus en échec et qu'il est nécessaire par voie de conséquence de prémunir la scène locale contre les conséquences de ces échecs ».
Le ton conciliant du bloc parlementaire détonnait cependant avec celui, plus véhément, du responsable du Liban-Sud au sein du Hezbollah. Cheikh Nabil Qaouq, qui s'en est pris à la majorité, sans la nommer. Cheikh Qaouq a relevé des complications locales « formelles » et étrangères « fondamentales » à la formation du gouvernement. Selon lui, les obstacles locaux s'articulent autour de « critères et de conditions artificiels pour la nomination des ministres ». « Ils n'ont rien de légal ou de constitutionnel et peuvent être surmontés pour peu qu'on respecte l'esprit d'entente », a-t-il observé, accusant les États-Unis d'intervenir « en s'opposant à l'octroi du portefeuille des Télécommunications à l'opposition ». Soulignant la nécessité d'un gouvernement d'union nationale et le souci du Hezbollah de préserver le calme, il a insisté sur le fait que le parti de Dieu « refuse d'être partie prenante dans les tentatives de marginaliser certaines forces au profit d'autres et ne permettra pas que le gouvernement serve de moyen pour renforcer une partie contre une autre, pour des considérations électorales ».
« Nous ne permettrons pas que certains réalisent des acquis politiques qu'ils n'ont pas réussi à obtenir à travers les élections et qu'ils essaient aujourd'hui d'avoir à travers le gouvernement », a déclaré cheikh Qaouq.
Abondant presque dans le même sens, le chef du conseil exécutif du Hezbollah, cheikh Hachem Safieddine, a reproché à la majorité, également sans la nommer, de tenir « un langage agressif et polémique », face aux appels au dialogue de l'opposition. « À ces gens-là, nous disons cependant qu'il n'est pas question de vous donner la chance d'engager des polémiques », a-t-il dit, avant d'accuser les États-Unis et Israël de chercher à porter atteinte à la stabilité au Liban. « Par conséquent, a ajouté cheikh Safieddine, ceux qui accentuent la tension, que ce soit au niveau du discours, des positions ou des règlements, ne font que servir le projet américain visant à démembrer le Liban. »

