Le député Ammar Houry a quant à lui affirmé hier qu'il est de plus en plus clair que le régime syrien « appelle à opérer un semblant de changement de régime au Liban ». Ces propos de M. Houry sont intervenus dans le cadre d'un entretien accordé à la radio La Voix du Liban et alors qu'il affirmait que « rien de nouveau n'était intervenu dans le cadre des efforts fournis pour la création du nouveau gouvernement, mises à part la détermination et l'insistance du Premier ministre désigné à continuer à tout mettre en œuvre pour venir à bout des obstacles qui l'empêchent de mettre le nouveau cabinet sur pied ». « Je sais que les Libanais sont impatients de mettre un terme au suspense gouvernemental (...) mais peut-être que les choses nécessitent un peu de temps », et mieux vaut résoudre les points litigieux « maintenant que plus tard », a ajouté M. Houry. Il a relevé que Saad Hariri poursuit « la politique de la main tendue », mais que la Syrie et notamment la presse syrienne ont lancé une nouvelle campagne contre lui « surtout que la presse syrienne s'occupe à tour de rôle de qualifier M. Hariri de "député désigné" et d'affirmer que le Liban se dirige vers un Taëf II ou un Doha II », dans l'espoir d'opérer un semblant de changement de régime au Liban.
Assassinats politiques
De son côté, le ministre du Tourisme sortant Élie Marouni a affirmé qu'il avait, en tant que membre du parti Kataëb, eu une conversation téléphonique avec le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, soulignant que « les choses sont revenues à la normale au sein du secrétariat du 14 Mars et de l'alliance en générale ». S'attardant sur le dossier gouvernemental, il a réitéré les accusations qu'il avait récemment lancées contre le député Michel Aoun et le Hezbollah qu'il tient pour « responsables de la paralysie qui prévaut au niveau de la formation du gouvernement ». Le ministre a également fait part de son inquiétude « face à une possible recrudescence des assassinats politiques », avant de relever la négligence de la justice et des différents appareils sécuritaires « dans l'enquête concernant l'assassinat de Nasri Marouni et Sélim Assi à Zahlé ». Pour le député Ziad Kadri, il est désormais de plus en plus évident que « la minorité veut rentrer en masse dans le nouveau gouvernement alors qu'elle ne se donne pas la peine de s'investir dans l'étape de la formation du cabinet ». « Il est nécessaire de préciser que le Premier ministre désigné ne peut pas être tenu pour responsable du retard dans la formation du gouvernement comme tentent certains de le faire croire (...). Saad Hariri et la majorité ont fait les concessions nécessaires et logiques, et au final, c'est cette majorité qui a remporté les élections », a soutenu le député. « Il y a une tentative de trouver certains compromis de manière à vider la Constitution de son contenu », a-t-il ajouté, relevant que le Premier ministre continue de se montrer ouvert à toutes les propositions « pendant que la minorité campe sur ses positions ». Allant dans le même sens, le député Amine Wehbé a mis l'accent sur « les influences régionales » qui paralysent la mise en place du nouveau gouvernement. « Les forces régionales s'attellent à tirer profit de l'influence qu'elles exercent sur certaines forces politiques locales pour concrétiser leurs intérêts », a-t-il ajouté. Pour lui, les forces du 14 Mars n'ont pas peur de mettre en place un gouvernement majoritaire, « mais nous sommes conscients de l'importance de la paix civile, et c'est pour cela que nous agissons avec un sens des responsabilités afin de mettre en place un gouvernement d'union nationale, de consolider l'État et la Constitution », et de traiter la question des armes « illégitimes » ainsi que celle de la « stratégie de défense nationale qui serait entérinée par toutes les parties politiques ».

