« Le Conseil des ministres a décidé de demander au gouvernement syrien d'extrader Mohammad Younes al-Ahmad et Sattam Farhan pour leur rôle direct dans l'opération terroriste », a indiqué le porte-parole du gouvernement irakien Ali Dabbagh. Les deux hommes, Mohammad Younes al-Ahmad, un gouverneur de Mossoul (Nord) à l'époque de Saddam Hussein, et Sattam Farhan, ont été mis en cause par le principal suspect des attentats arrêté en Irak et dont les « aveux » ont été récemment diffusés. Beaucoup de responsables de l'ancien régime de Saddam Hussein, membres du parti Baas alors au pouvoir, ont trouvé refuge en Syrie, un pays dirigé par une autre branche du parti Baas, après l'invasion dirigée par les États-Unis en 2003.
Pour marquer son exaspération, Bagdad a d'abord annoncé qu'il rappelait son ambassadeur nommé en février 2009. Cette annonce a été aussitôt suivie par une démarche identique de Damas. En « réponse au rappel par le gouvernement irakien de l'ambassadeur irakien à Damas pour consultation, la Syrie a décidé de rappeler son ambassadeur à Bagdad », a riposté le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué. « La Syrie rejette catégoriquement les propos du porte-parole du gouvernement irakien sur les attentats sanglants de Bagdad mercredi. Elle avait dénoncé avec force cet acte terroriste qui a fait des victimes parmi le peuple irakien », ajoute-t-il. Le 22 avril à Bagdad, interrogé par un journaliste irakien sur la présence dans son pays de Mohammad Younes al-Ahmad, le Premier ministre syrien Mohammad Naji Otri avait répondu : « Je ne connais pas ce nom (...) Toute activité qui mène à la déstabilisation de l'Irak est pour nous une ligne rouge. » Cette crise intervient une semaine après la visite de M. Maliki à Damas lors de laquelle avait été établi un « haut conseil de coopération stratégique ».
Dimanche, une personne suspectée d'implication dans les attentats, Wissam Ali Kazem Ibrahim, avait affirmé dans des « aveux » être membre du Baas irakien et avoir reçu des ordres d'un ancien responsable de ce parti, Sattam Farhan, basé en Syrie. Il avait dit appartenir à une des branches du Baas dirigée par Mohammad Younes al-Ahmed. L'État islamique d'Irak, la branche irakienne d'el-Qaëda, a revendiqué les attentats de mercredi dans un communiqué mis en ligne hier sur un site islamiste.

