Les stars
Usain Bolt (vainqueur des 100 m, 200 m et relais 4x100 m) : que dire de plus au sujet du Jamaïquain, déjà qualifié de sprinteur du XXIe siècle, quand le troisième millénaire vient à peine de commencer ? « L'Éclair » a bien été au rendez-vous de l'histoire, triomphant dans l'enceinte où l'Américain Jesse Owens, autre descendant d'esclave, avait conquis 4 médailles d'or aux JO de 1936. Chez Bolt, il y a avant tout la dimension physique. L'amplitude de sa foulée est supérieure à celle de ses adversaires et la fréquence très haute. Le résultat : deux records en 9 sec 58/100es et 19 sec 19/100es. En travaillant sa résistance à la vitesse, Bolt, qui n'a que 23 ans, peut encore gagner 3/10es sur le demi-tour de piste, histoire de passer nettement sous les 19 secondes.
Kenenisa Bekele (vainqueur des 5 000 et 10 000 m) : on ne peut pas le « décrocher » au train et il possède le meilleur finish. L'Éthiopien a réalisé une première aux Mondiaux, avec le doublé 5 000/10 000 m. Sur la plus longue des distances, ses équipiers s'étaient dévoués. Dimanche, il était esseulé. Pour le même résultat. Détenteur des records du monde des deux distances, triple champion olympique et désormais quintuple médaillé d'or aux Mondiaux, avec quatre succès consécutifs sur 10 000 m, onze fois champion du monde de cross-country, Bekele possède à 27 ans un palmarès unique.
Les flops
Yelena Isinbayeva (perche) : « Je n'ai pas d'explication. C'est arrivé parce que cela devait arriver », a déclaré la tsarine. Comme toujours, elle a commencé le concours quand ses adversaires résignées le terminaient. Mais cette fois, la double championne du monde et deux fois championne olympique n'a pu franchir la hauteur d'entrée (4,75 m), non plus que ses deux essais encore à disposition à 4,80 m.
Les relais US : après les Jeux olympiques de Pékin, où leurs deux 4x100 m avaient été disqualifiés, les États-Unis sont retombés dans leur péché mignon. Circonstance aggravante : les Jamaïquains ont gagné. La malchance, cette fois, y a mis également du sien. Troisième relayeuse, Muna Lee s'est en effet blessée en prenant le témoin.
Irving Saladino : le Panaméen, champion du monde et olympique du saut en longueur a « mordu » les trois premiers essais de la finale. « Pourtant, je suis en forme, rapide. Cela peut arriver », a regretté Saladino.
Les noms nouveaux
Ryan Brathwaite : huitième temps des engagés, le Barbadien de 21 ans a battu deux fois son record pour gagner la finale du 110 m haies en 13 sec 14/100es, un centième devant les Américains Terrence Trammel et David Payne. Il peut aussi remercier le Cubain Dayron Robles. Le champion olympique et détenteur du record du monde (12.87), diminué physiquement, a abandonné en demi-finale.
Alonso Edward : sans Bolt, le jeune (19 ans) et fin Panaméen aurait gagné le 200 m. Découvert lors des récents Jeux panaméricains, Edward a encore progressé en Allemagne pour réaliser 19 sec 81/100es en finale.
Caster Semenya : la Sud-Africaine, 18 ans, s'est fait un nom. Non seulement en remportant le 800 m avec grande autorité, mais surtout parce que la Fédération internationale (IAAF) a diligenté des experts pour s'assurer de son sexe.

