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Liban

Najjar à L’OLJ : Un plan pour un système carcéral plus humain

Un plan étalé sur cinq ans, prévoyant le transfert de la responsabilité des prisons du ministère de l'Intérieur à celui de la Justice, a commencé à être appliqué début 2008, ont révélé à L'Orient-Le Jour le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, ainsi que Mme Renée Sabbagh, qui coordonne ce programme avec les organismes internationaux.
Mis en place en collaboration avec le PNUD et l'UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), le plan est dans sa première phase et a déjà permis la création d'une commission mixte interministérielle présidée par le directeur général de la Justice, Omar Natour, et comprenant deux magistrats et deux officiers des Forces de sécurité intérieure.
Le plan comprend plusieurs volets. Le premier, d'ordre législatif, prévoit l'abandon de la loi sur les prisons datant des années 40 et son remplacement par une nouvelle législation moderne qui s'aligne sur les normes et standards internationaux, notamment en ce qui concerne l'application des peines. Deux magistrats seront chargés de rédiger cette nouvelle législation.
Ironie de l'histoire, c'est à la suite de l'évasion d'un détenu, en 1947, que l'administration des prisons, qui était du ressort de la Justice, est passée à celle du département de l'Intérieur, précise Mme Sabbagh.
Le deuxième volet de ce plan est institutionnel. Il prévoit la création d'un cadre administratif pour la gestion des prisons. Certes, ce cadre existe sur papier, mais sa concrétisation prendra du temps, puisque ces cadres doivent être formés. La création de cette structure prévoit, à l'évidence, une phase de recrutement d'un noyau de formateurs.
Le troisième volet de ce plan est d'ordre social et humanitaire. Il prévoit l'amélioration des conditions de détention dans les prisons du Liban. À cette fin, apprend-on, et avec la coopération de certaines ONG impliquées dans les prisons, des études sont en cours, en base de questionnaires et d'enquêtes sociales, pour cerner le sujet au plus près et obtenir le maximum d'informations sur le détenu, au moment de son entrée en prison.
Parant au plus pressé, décision a été prise de fournir aux détenus, à leur entrée en prison, un « kit » comprenant un assortiment d'objets qui leur assureront un minimum de bien-être, sinon de confort. Parallèlement, une salle baptisée « Dar » est en construction, pour fournir un cadre moins austère aux visites familiales.
Le quatrième volet du plan quinquennal porte sur la formation du personnel des prisons, inexistante à ce jour. À cette fin, un département spécifique pour la formation de ce personnel sera ouvert au sein de l'Institut judiciaire. Une lettre d'intention a été signée à ce sujet au passage, en hiver, de la ministre française de la Justice, Rachida Dati, au Liban. La convention elle-même serait signée par le Liban et la France à l'automne.

Privatisation ?
Sur un autre plan, le ministre de la Justice, M. Ibrahim Najjar, a noté que la justice détient quelque 350 membres ou associés du groupe Fateh el-Islam, et que, pour les juger, le Liban ne dispose pas encore d'une salle suffisamment spacieuse et suffisamment sûre. Avec les membres de leurs familles, le personnel de sécurité et les avocats, cette salle pourrait accueillir quelque 600 personnes. Des propositions concrètes ont été avancées pour construire ce lieu, qui serait situé au voisinage immédiat de la prison centrale de Roumieh.
Le manque de fonds est l'un des premiers obstacles à la modernisation du système carcéral, certains, et notamment le ministre de la Justice, ne voient pas de raison pour ne pas privatiser ce secteur.
Par ailleurs, ajoute M. Najjar, un programme ambitieux a été lancé le 28 avril dernier à partir de Roumieh, qui doit permettre aux détenus de bénéficier de la loi de 2002 sur la remise des peines. Une équipe de magistrats a d'ores et déjà pris en charge ce programme et s'emploie à le mettre en place.
À partir du mois d'octobre, des juges vont se rendre en France, pour y recevoir la formation nécessaire à l'application de la loi. Parallèlement, les statistiques ont montré que 60 à 65 % des détenus à Roumieh sont en détention provisoire, et des incitations vont être proposées pour accélérer les enquêtes préliminaires et élargir le plus vite possible les détenus, en particulier ceux dont les dossiers montreront que leurs peines ne dépasseront pas la période déjà passée en détention provisoire.
Une façon comme une autre de résoudre le problème du surpeuplement carcéral, qui pèse comme un fardeau insupportable sur les gardiens comme sur les détenus eux-mêmes.
Un plan étalé sur cinq ans, prévoyant le transfert de la responsabilité des prisons du ministère de l'Intérieur à celui de la Justice, a commencé à être appliqué début 2008, ont révélé à L'Orient-Le Jour le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, ainsi que Mme Renée Sabbagh, qui coordonne ce programme avec les organismes internationaux.Mis en place en collaboration avec le PNUD et l'UNODC (United Nations Office on Drugs and Crime), le plan est dans sa première phase et a déjà permis la création d'une commission mixte interministérielle présidée par le directeur général de la Justice, Omar Natour, et comprenant deux magistrats et deux officiers des Forces de...
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