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Liban - Pause Verte

Touristique malgré lui

Le Liban est un pays qui cherche à développer son tourisme, et cet été, jusque-là, est un formidable succès en la matière. On se demande, cependant, si l'attraction que ressentent les touristes pour le Liban (arabes mais aussi occidentaux) n'est pas due davantage à la beauté naturelle du pays et au sens de l'hospitalité de son peuple qu'à un quelconque effort déployé au niveau officiel.
Expliquons-nous : ce qui est en cause ici n'est pas, à proprement parler, le ministère du Tourisme, l'un de ces ministères au budget pratiquement inexistant. Non, ce qui est vraiment en cause, ce sont les efforts insuffisants pour assurer une infrastructure touristique et mettre en valeur les atouts du pays.
On n'a déjà que trop parlé du rationnement de l'électricité de plus en plus sévère et de la pression de plus en plus importante sur l'infrastructure, avec des touristes qui se comptent désormais par millions. Mais qu'en est-il de l'un des plus grands atouts du Liban, sa nature ?
Ce que les Libanais ne réalisent souvent pas, c'est que les grands hôtels et les restaurants luxueux ne gomment pas de l'esprit des touristes avertis les agressions contre la nature qu'ils ne remarquent que trop quand ils se déplacent dans les montagnes.
La route, déjà, donne un avant-goût qui ne trompe pas : vous connaissez beaucoup de routes de montagne qui ne sont pas polluées de part et d'autre de dépotoirs improvisés et de méchants remblais, jetés là par des citoyens et des entrepreneurs peu scrupuleux ?
Plus le site est loin des regards, plus il est menacé. En effet, il ne devient accessible qu'aux contrevenants très motivés pour se débarrasser de déchets encombrants, ou aux touristes ultramotivés pour sortir des sentiers battus, littéralement. Les seconds ont la désagréable surprise de découvrir les « cadeaux » laissés par les premiers. Un émigré libanais des États-Unis, amoureux de sa région natale de Bécharré, cycliste émérite, en a fait l'amère expérience cette année. Sur une ancienne route menant de la vallée de la Qadicha à la région des Cèdres (loin des voies asphaltées, donc), il est tombé nez à nez sur un dépotoir improvisé où, de plus, certaines âmes charitables ont cru bien faire d'incinérer les déchets... Le symbole, l'histoire et même l'incroyable beauté naturelle du lieu n'y font rien.
Mieux encore : un couple franco-libanais, croyant bien faire en emmenant des amis français découvrir la superbe région de Tannourine, ont été outrés de constater que des pique-niqueurs allumaient des feux sous les cèdres de la réserve naturelle du village, l'une des plus grandes cédraies restantes du pays, que les scientifiques ont eu grand mal à sauver d'un insecte ravageur il y a seulement quelques années. Ces touristes français retiendront certainement la désinvolture des pique-niqueurs qui ne réalisent pas quelles pourraient être les conséquences dramatiques de leur « innocente » journée dans la nature. On se demande également que fait la direction de la réserve naturelle (que nous n'avons pu encore contacter) pour mettre un terme à de tels comportements irresponsables.
Les Libanais se plaignent souvent des dégâts écologiques dont souffre leur pays, mais que font-ils pour les prévenir ? N'est-il pas temps de se rendre compte que les agressions contre la nature façonnent autant l'opinion que se font les touristes du pays que les soi-disant aspects de « modernité » dont nous nous targuons tant ? Quelle modernité quand nous tardons à adopter des solutions à nos problèmes les plus basiques comme le traitement des déchets ? Si ce n'est que pour cela (ajouté à tant d'autres raisons), notre nature mériterait plus d'égards de notre part.
Sous peine de faire du pays une destination touristique malgré lui, ou, plus exactement, malgré nous... 
Le Liban est un pays qui cherche à développer son tourisme, et cet été, jusque-là, est un formidable succès en la matière. On se demande, cependant, si l'attraction que ressentent les touristes pour le Liban (arabes mais aussi occidentaux) n'est pas due davantage à la beauté naturelle du pays et au sens de l'hospitalité de son peuple qu'à un quelconque effort déployé au niveau officiel.Expliquons-nous : ce qui est en cause ici n'est pas, à proprement parler, le ministère du Tourisme, l'un de ces ministères au budget pratiquement inexistant. Non, ce qui est vraiment en cause, ce sont les efforts insuffisants pour assurer une infrastructure touristique et mettre en valeur les atouts du pays. On n'a déjà que...
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