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Liban - La Situation

Une série de nœuds font craindre une sérieuse crise ministérielle

Alors qu'il y a quelques jours, les observateurs liaient un éventuel déblocage au retour de Saad Hariri et au fait qu'il se réunirait avec Walid Joumblatt, place aujourd'hui aux grandes interrogations. En effet, et malgré le fait que MM. Hariri et Joumblatt se sont tant bien que mal accordés sur le fait qu'il convient de « respecter la volonté des électeurs » lors de la formation du gouvernement, aucune avancée concrète n'a pour l'heure marqué la scène politique. De plus, dans l'après-midi d'hier, Saad Hariri a rencontré Nabih Berry, une réunion paradoxalement qualifiée plus tard d'« excellente » par le Premier ministre désigné, alors que quelques heures plus tôt, M. Berry réitérait le plus clairement du monde qu'il n'a pas encore entendu « le muezzin qui annonçait la rupture du jeûne gouvernemental ».
La cause du scepticisme affiché invariablement par un président de la Chambre qui affirme « ne pas comprendre les causes du retard » dans la formation du nouveau gouvernement reste obscure, surtout que, comme le souligne ce dernier, « tout le monde s'était mis d'accord sur la formule 15-10-5 ». Conscient d'ailleurs que cette stagnation n'est pas passagère et qu'elle risque de se prolonger, M. Berry s'est abstenu de se rendre, comme cela est pourtant d'usage tous les mercredis, au palais présidentiel de Baabda et a affirmé aux députés qu'il a rencontrés place de l'Étoile qu'il convoquerait bientôt le bureau du Parlement pour procéder au vote des commissions parlementaires « sans plus attendre ». Nabih Berry a maintes fois démontré qu'il savait décoder les signes avant-coureurs. Alors, lorsqu'il évoque la possibilité d'une crise prolongée, il faut le croire...
D'ailleurs, les bruits qui courent au palais Bustros vont dans le même sens, et selon notre correspondant diplomatique Khalil Fleyhane, le retard significatif dans la formation du gouvernement commence à inquiéter sérieusement les milieux diplomatiques occidentaux. La France a dès hier soir amorcé des contacts intensifs avec Damas afin de tenter de « traiter » le nœud gouvernemental qui grossit de jour en jour et qui commence à laisser croire qu'une véritable crise ministérielle risque de s'installer, sauf « miracle de dernière minute ». De source informée, on souligne que la Syrie exige désormais, pour faciliter la naissance du nouveau cabinet, rien de moins que la visite du roi Abdallah d'Arabie saoudite. Or le prix fixé par Damas semble, à bien des égards, trop cher par rapport à l'enjeu libanais actuel. Citant en outre un responsable européen, notre correspondant indique que « la crise risque de se prolonger bien après le mois de ramadan et pourrait peut-être s'étaler sur 6 mois », à l'instar de ce qui s'était produit à la fin du mandat du président Émile Lahoud.
Le problème, poursuivent les diplomates occidentaux, c'est que le pays ne doit pas être dirigé, à l'aune des circonstances actuelles, par un gouvernement qui se contente d'exécuter les affaires courantes. Car le Liban a grandement besoin d'un « supergouvernement » capable de suivre de près l'ensemble des développements relatifs aux efforts américains en faveur de la paix dans la région, surtout que les menaces israéliennes à l'encontre du Hezbollah ne sont que médiatiques, car la pression américaine sur Israël empêche toute nouvelle agression contre le Liban.
Mais il serait malhonnête que les responsables locaux se débinent du devoir qui est le leur, et qui consiste, dans la plus grande urgence, à former un gouvernement viable, convaincant et représentatif. Le blocage est aussi, n'en déplaise à certains, éminemment interne. Il est causé par l'entêtement des uns et des autres à chaque fois qu'il est question de distribuer les portefeuilles ministériels du nouveau cabinet. Michel Aoun l'a martelé une nouvelle fois encore hier : « Gebran Bassil sera ministre. » De source informée, on affirme également que le chef du CPL insiste pour qu'une figure de premier plan à Zahlé et ayant échoué lors des dernières élections se voit attribuer un portefeuille ministériel, au détriment du député Nicolas Fattouche. Or, ce que les Libanais ne savent probablement pas, c'est que le moindre changement dans la répartition des portefeuilles se répercute sur tout le découpage ministériel, car mettre un gouvernement sur pied suppose, dans un pays comme le Liban, de constamment prendre en compte le fragile principe de la juste représentativité des différentes communautés et des régions. Ainsi, les données actuelles révèlent non pas un seul nœud qui se limiterait aux revendications du Courant patriotique libre, mais toute une série de nœuds qui n'apparaissent vraiment qu'une fois que le précédent a été résolu. 
Alors qu'il y a quelques jours, les observateurs liaient un éventuel déblocage au retour de Saad Hariri et au fait qu'il se réunirait avec Walid Joumblatt, place aujourd'hui aux grandes interrogations. En effet, et malgré le fait que MM. Hariri et Joumblatt se sont tant bien que mal accordés sur le fait qu'il convient de « respecter la volonté des électeurs » lors de la formation du gouvernement, aucune avancée concrète n'a pour l'heure marqué la scène politique. De plus, dans l'après-midi d'hier, Saad Hariri a rencontré Nabih Berry, une réunion paradoxalement qualifiée plus tard d'« excellente » par le Premier ministre désigné, alors que quelques heures plus tôt, M....
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