Les présidents de clubs avaient sonné l'alarme. Et l'on pensait que les chaînes de télévision se montreraient conciliantes et avanceraient l'argent aux clubs afin de résoudre le problème. Mais rien n'y fait. Les équipes argentines ont beau organiser des minitournées et des matches amicaux, le championnat local n'est pas près de reprendre. À une semaine de la date de reprise initialement fixée (14 août), le panorama est désolant.
Premières victimes, les joueurs. Les clubs leur doivent une dette globale de plus de 30 millions de pesos (5,4 millions d'euros). Auxquels il convient d'ajouter 300 autres millions de pesos (54 millions d'euros) accumulés au cours des dernières années, et que les clubs doivent encore rembourser au fisc argentin. Selon une enquête du journal La Nacion parue cette semaine, la dette globale du football argentin atteindrait ainsi les 126 millions d'euros ! Parmi les plus touchés : San Lorenzo, Independiente, Newell's Old Boys (le club d'origine de Leo Messi), Rosario Central, Huracan et River Plate.
Les télévisions à la rescousse
Devant l'impossibilité d'entrevoir l'avenir du championnat, Julio Grondona, président de la Fédération argentine (AFA) et vice-président de la FIFA, a récemment décidé de prendre les choses en main et de négocier en personne avec les chaînes de télévision. Son but étant d'augmenter le prix d'abonnement du câble pour récupérer un bonus de 150 millions par an et le redistribuer aux clubs. « Sans le football, les gens ne s'abonnent pas au câble », répètent les officiels de l'AFA, qui restent convaincus que la solution viendra des revenus télévisuels. Il faut dire que même la vente de leurs meilleurs joueurs ne suffit pas à sortir les clubs argentins du bourbier. Boca Juniors a bradé Rodrigo Palacio au Genoa pour 5 millions d'euros, et n'arrive toujours pas à payer ses joueurs. Sur les 11,5 millions payés par Palerme pour le transfert du prometteur Javier Pastore, le club de Huracan n'a reçu que 10 % de la somme, le reste du jackpot atterrissant dans les poches d'un groupe d'investisseurs privés détenteur des droits du joueur. Un exemple parmi tant d'autres...


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