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Liban - La Situation

Le calme revient, mais l’harmonie Joumblatt-Hariri se fait attendre

La seule personnalité politique capable de réduire au silence l'incontournable et indétrônable Nabih Berry reste Walid Joumblatt. M. Berry a ainsi solennellement, et au vu du récent retournement de situation, annoncé qu'il s'abstiendrait, et jusqu'à nouvel ordre, de faire des déclarations publiques. Le président de la Chambre avait d'ailleurs fait savoir au lendemain de la déclaration-choc du président du PSP - qui avait alors qualifié son alliance avec le 14 Mars d'artificielle et comme ne pouvant plus durer - que M. Joumblatt aurait mieux fait d'attendre avant d'adopter de telles positions-chocs. Hier, Wi'am Wahhab volait également la vedette à Nabih Berry en s'érigeant en seule et unique intermédiaire entre Walid Joumblatt et Damas. Cette relation, a affirmé M. Wahhab, « est ancienne, elle est passée par de mauvais moments, mais ceux-ci ont été effacés ». C'est ainsi purement et simplement une lettre « cordiale, fraternelle et d'admiration » qu'a transmise l'ancien ministre, tout juste revenu de la capitale syrienne, au chef du PSP. Ce dernier a veillé à souligner que ce « rapprochement » ne vise personne en particulier mais tend tout simplement à « gommer les résidus du 7 mai » et à « tisser une relation privilégiée entre les musulmans » du monde arabe.
Ce rapprochement avec la Syrie intervient à l'heure où les relations entre Walid Joumblatt et Saad Hariri sont en voie d'assainissement, ce qui a pour effet indirect, mais immédiat, d'instaurer un climat de quiétude apparente, quiétude qui n'a toutefois pas envahi les âmes des différents protagonistes. Preuve en est, à l'heure qu'il est, la formation du gouvernement reste au point mort, même si, à en croire les propos de l'ancien député Élie Ferzli, « toute la question de la formation du gouvernement a été résolue par le biais d'un accord syro-saoudien, validé par les États-Unis, lors de la réunion qui a eu lieu à Baabda entre le président de la République Michel Sleiman et l'émissaire américain Georges Mitchell ». Pour lui, « l'annonce de la composition gouvernementale est un détail qui ne mérite pas qu'on s'y arrête ». Les jeux sont faits, donc, à en croire M. Ferzli, mais concrètement, Saad Hariri n'a toujours pas regagné Beyrouth et continue d'observer un entêtant mutisme. Certes, son retour est annoncé pour les « prochaines heures », pour reprendre les termes du député Samir Jisr, mais aucune date n'est avancée. « Cela pourrait être ce (hier) soir ou demain (aujourd'hui), personne ne le sait vraiment, car en dehors des contacts internationaux il n'a parlé avec personne. » Parlant de contact, le dernier en date était un entretien téléphonique avec le président égyptien Hosni Moubarak.
Presque au même moment, le Premier ministre sortant Fouad Siniora était à Baabda pour une réunion avec le président de la République Michel Sleiman. Sur le perron du palais présidentiel, M. Siniora a indiqué que « les affaires libanaises intéressent tout le monde, tant sur le plan arabe qu'international. Il y a une constante volonté d'œuvrer avec le Liban et de l'aider à prendre les rênes de son destin ». Sur les relations de M. Hariri avec M. Joumblatt, M. Siniora a confié qu'elles étaient en train d'être « traitées », ce qui laisse entendre que l'harmonie n'a pas encore été rétablie entre les deux hommes, même si Samir Jisr avait plus tôt dans la journée affirmé que le Courant du futur se suffisait « des explications de Walid Joumblatt ». Il avait aussi pris soin de faire valoir que M. Hariri « ne se récusera pas, il ne reculera devant rien et cela est certain ». Il est également certain qu'« une réunion de tous les pôles du 14 Mars aura lieu, réunion durant laquelle nous écouterons avec attention les propos de Walid Bey. Il y aura de longues discussions autour de ce sujet et rien n'empêche de telles discussions ».
En soirée, le député membre de la Rencontre démocratique Antoine Saad a renouvelé la position affichée mercredi, depuis Baabda, par Walid Joumblatt : « La Rencontre démocratique fait toujours partie de la majorité, et son chef appuie les efforts du Premier ministre désigné pour mettre en place un gouvernement fondé sur la formule 15-10-5. » En somme, le déplacement du ministre saoudien Abdelaziz Khoja à Beyrouth a eu pour objectif d'endiguer l'onde de choc causée par les propos de Walid Joumblatt. M. Khoja a en outre laissé le choix au chef du PSP de décider comment il compte assainir sa relation avec Saad Hariri. Quant à savoir combien de temps cette néo-opération séduction va durer et quand elle pourra enfin porter ses fruits, rien n'est moins sûr. Certaines sources proches du secrétariat général du 14 Mars affirmaient hier que rien ne presse et que le sit-in de l'opposition a bien duré un an... Les sources proches du bloc « Liban d'abord » abondent néanmoins dans un sens tout à fait contraire puisqu'elles rappellent que le crédit politique de Saad Hariri risque de sérieusement s'étioler au fur et à mesure que le temps passe. C'est pour cela que tous les efforts entrepris actuellement vont dans le sens d'un assainissement des relations entre MM. Hariri et Joumblatt afin que les deux hommes puissent se réunir aussitôt le Premier ministre désigné à Beyrouth. Toutefois, le malaise causé par les retentissants propos de M. Joumblatt est plus profond qu'on pourrait le penser, soulignent des sources proches de Hariri, lequel a reçu le soutien de la plupart des courants politiques sunnites de Tripoli, dimanche dernier.
Pour en revenir au cœur du sujet, la seule et unique question encore susceptible d'intéresser les citoyens libanais est le timing de la mise sur pied du cabinet. Le gouvernement devrait être formé la semaine prochaine, ou dans la pire des hypothèses avant le début du mois du ramadan (vers le 20 août), affirmaient hier sur ce plan des sources proches de Baabda qui mettaient également l'accent sur la « similitude des intérêts du président de la République et de Walid Joumblatt ». Du moins pour le moment.
La seule personnalité politique capable de réduire au silence l'incontournable et indétrônable Nabih Berry reste Walid Joumblatt. M. Berry a ainsi solennellement, et au vu du récent retournement de situation, annoncé qu'il s'abstiendrait, et jusqu'à nouvel ordre, de faire des déclarations publiques. Le président de la Chambre avait d'ailleurs fait savoir au lendemain de la déclaration-choc du président du PSP - qui avait alors qualifié son alliance avec le 14 Mars d'artificielle et comme ne pouvant plus durer - que M. Joumblatt aurait mieux fait d'attendre avant d'adopter de telles positions-chocs. Hier, Wi'am Wahhab volait également la vedette à Nabih Berry en s'érigeant en seule et unique intermédiaire entre Walid Joumblatt et...
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