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Moyen Orient et Monde - Chine

Premières inculpations près d’un mois après les troubles au Xinjiang

La justice chinoise a annoncé hier avoir inculpé 83 personnes sur les centaines qui ont été arrêtées après les violences meurtrières au Xinjiang (Nord-Ouest) il y a près d'un mois. « Ceux qui ont été inculpés seront poursuivis pour meurtres, blessures volontaires, incendies volontaires et vols », a déclaré le procureur d'Urumqi, Utiku'er Abudrehman, cité par l'agence Chine nouvelle. Aucune date n'a encore été fixée pour les procès, a ajouté l'agence.
Par ailleurs, la police d'Urumqi, capitale de la région autonome du Xinjiang et épicentre des troubles, a déclaré avoir placé en « détention criminelle » 718 suspects, étape précédant une éventuelle inculpation. Les forces de l'ordre avaient auparavant confirmé l'arrestation de plus de 1 600 personnes après les émeutes du 5 juillet, un chiffre rapporté précédemment par les médias. Les émeutes, lors desquelles des Ouïghours, l'ethnie majoritaire au Xinjiang, avaient attaqué des Hans, ont fait 197 morts. Pékin a accusé le Congrès mondial ouïghour de la dissidente exilée Rebiya Kadeer de les avoir organisées, ce qu'elle a nié. Mme Kadeer a répliqué en affirmant, la semaine dernière, que « près de 10 000 personnes » avaient disparu pendant les émeutes.
Par ailleurs, Mme Kadeer, en visite en Australie, a rejeté hier que ses enfants aient écrit une lettre l'accusant d'avoir organisé les troubles meurtriers de début juillet au Xinjiang (Nord-Ouest). « La Chine a du pouvoir. Ils sont capables de contrôler ce que disent mes enfants et retourner leur langue contre moi, mais ils ne peuvent contrôler l'amour créé par Dieu entre eux et moi », a déclaré Mme Kadeer à Radio Free Asia. « Ce n'est pas la peine de se demander qui a écrit cette lettre, je connais mes enfants », a-t-elle ajouté. Les médias officiels chinois ont publié lundi des lettres attribuées à plusieurs proches de Mme Kadeer vivant en Chine, dont un de ses fils, Khahar, et une de ses filles, Roxingul, l'une adressée à la dissidente, l'autre aux proches des victimes des émeutes. Les lettres reprennent l'argumentation des autorités chinoises, accusant notamment la dissidente d'avoir rompu sa promesse de ne pas avoir d'activités politiques pendant son exil aux États-Unis. La dissidence ouïghoure en exil a affirmé qu'il s'agissait d'un faux.
Hier, la télévision officielle chinoise CCTV a, cette fois, diffusé des interviews de trois des enfants de Mme Kadeer, dont l'un se trouve en prison. Sa fille Roxingul a déclaré que les lettres venaient bien des proches de la dissidente. « Je les ai écrites après en avoir parlé avec mon frère et mon oncle », a-t-elle dit. Dans un communiqué, Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, a dénoncé une nouvelle manipulation. « Le fait que la Chine force les enfants de Kadeer à devenir des outils de propagande montre qu'elle n'est pas prête à améliorer vraiment la situation des droits pour les Ouïghours », a-t-il dit.
La justice chinoise a annoncé hier avoir inculpé 83 personnes sur les centaines qui ont été arrêtées après les violences meurtrières au Xinjiang (Nord-Ouest) il y a près d'un mois. « Ceux qui ont été inculpés seront poursuivis pour meurtres, blessures volontaires, incendies volontaires et vols », a déclaré le procureur d'Urumqi, Utiku'er Abudrehman, cité par l'agence Chine nouvelle. Aucune date n'a encore été fixée pour les procès, a ajouté l'agence.Par ailleurs, la police d'Urumqi, capitale de la région autonome du Xinjiang et épicentre des troubles, a déclaré avoir placé en « détention criminelle » 718 suspects,...
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