Un important quotidien conservateur a salué mardi la "légitimité divine" de Mahmoud Ahmadinejad, à la veille de l'investiture officielle du président iranien qui pourrait, selon la presse, être boycottée par l'opposition.
La veille, le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, avait confirmé l'élection du président, prononçant un discours élogieux à l'égard de M. Ahmadinejad dont l'allégeance au numéro un avait été mise en doute ces derniers temps au sein de son propre camp.
"Il s'agit d'une procédure déterminante et sacrée. Ce à quoi nous avons assisté hier donne une légitimité divine au président", a assuré dans un éditorial le journal Kayan, qui est le principal quotidien conservateur en Iran.
Le guide suprême avait fait lundi l'éloge d'un "homme courageux, travailleur acharné et intelligent", saluant le "vote sans précédent" des Iraniens, devant un parterre de hauts dignitaires mais en l'absence d'importants dirigeants de l'opposition.
L'annonce de la victoire de M. Ahmadinejad dès le premier tour le 12 juin avec près de 63% des voix a plongé le pays dans sa plus grave crise politique depuis l'instauration de la République islamique en 1979, avec des manifestations monstres des partisans des candidats battus qui l'accusent de fraude électorale.
Le journal d'opposition Etemad Melli a laissé entendre que l'opposition pourrait boycotter la cérémonie de prestation de serment du président prévue mercredi devant le Parlement et considérer le nouveau gouvernement comme "illégitime".
"Le groupe minoritaire au Parlement (les réformateurs) pourrait ne pas participer à la prestation de serment et cela a mis en colère les conservateurs", a indiqué Etemad Melli.
"Le refus de participer aux cérémonies de la part de gens comme Rafsandjani (l'ex-président Akbar Hachémi Rafsandjani) est un message important", a estimé le journal réformateur Aftab-e Yazd dans un éditorial.
"L'un de ces messages est que le futur gouvernement n'aura pas leur soutien dans les bons comme dans les mauvais moments", a-t-il indiqué.
Le chef du pouvoir judiciaire Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahrudi, cité par l'agence Isna, a espéré pour sa part "que tous les responsables officiels ont compris la situation et resteront unis".
L'ex-président Rafsandjani -qui dirige le Conseil de discernement et l'Assemblée des experts, deux institutions clés du pouvoir-, et l'ex-président Mohammad Khatami ainsi que les candidats de l'opposition Mir Hossein Moussavi et réformateur Mehdi Karoubi réclament toujours l'annulation du scrutin présidentiel et n'ont pas assisté à la cérémonie de lundi.
Après son investiture, le président disposera de deux semaines pour présenter les membres de son gouvernement devant les députés pour obtenir un vote de confiance.
Le président avait traversé une zone de turbulences fin juillet. Il avait été la cible de virulentes critiques de la part du camp conservateur.
La presse conservatrice -dont Kayan- et des élus lui reprochaient son peu d'empressement à répondre aux injonctions du guide lui demandant de se séparer de son premier vice-président Esfandiar Rahim Mashaie. Celui-ci avait fait scandale en 2008 en déclarant que l'Iran était "l'ami du peuple israélien".
Lundi, le guide suprême a demandé au président de tenir compte à l'avenir des critiques venant de son propre camp.
La veille, le guide suprême de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, avait confirmé l'élection du président, prononçant un discours élogieux à l'égard de M. Ahmadinejad dont l'allégeance au numéro un avait été mise en doute ces derniers temps au sein de son propre camp.
"Il s'agit d'une procédure déterminante et sacrée. Ce à quoi nous avons assisté hier donne une légitimité divine au président", a assuré dans...


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