Parlant de la fatwa de sayyed Fadlallah, Marguerite Chaarawi, cofondatrice de l'association, précise que « ce texte n'encourage pas les gens à tuer de manière systématique tous les chiens qu'ils voient, mais affirme qu'ils ont le droit de se défendre s'ils sont attaqués ».
« Je crois que nous voulons tous voir moins de chiens et de chats errants dans les rues », poursuit-elle, soulignant que les abattre ou les empoisonner n'a jamais été la solution.
Et d'ajouter : « Travaillons à réduire le nombre d'animaux errants d'une manière qui profitera à la population et qui soit d'une efficacité prouvée. Il faudrait améliorer la collecte des déchets, ce qui fournira moins de source d'aliments à ces animaux et les amènera naturellement à moins se reproduire. (...) Il faudrait d'un autre côté réglementer les "pet shops" et l'importation d'animaux à but commercial : nous n'avons pas besoin d'importer des chiens d'aussi loin que l'Afrique du Sud et l'Ukraine rien que pour les voir finir dans les rues. Le Liban pourrait imposer aux propriétaires de chiens de les vacciner chaque année contre la rage, ce qui découragerait les irresponsables d'entre eux d'en acquérir. (...) Il faudrait aussi obliger les propriétaires d'animaux domestiques à les enregistrer, ce qui constituerait une source de revenus pour le gouvernement et pousserait les propriétaires à être plus responsables. (...) En stérilisant ces animaux de manière sûre et humaine, on les met mieux à l'abri des maladies et des conflits avec les êtres humains. »
« La colère monte en effet contre ces animaux, poursuit Marguerite Chaarawi. Mais il est désormais prouvé que les abattre et les empoisonner ne sont pas une solution. (...) Le Liban est en retard en matière de lois de protection des animaux et de réglementation des pet shops, de l'importation d'animaux et de leur appropriation. Nous sommes solidaires de tous ceux qui ont été blessés par des animaux, mais au lieu de s'énerver contre l'animal, concentrons-nous à régler les problèmes qui ont mené à cette situation afin d'empêcher qu'elle ne se répète. »
Elle ajoute enfin que Animals Lebanon est prête à travailler avec toute institution gouvernementale qui voudrait trouver une solution à long terme.

